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24 novembre 2024 - 13 novembre 2025
Novembre 2024
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Samedi 30
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Little Palestine, journal d'un siège

Filmée de l'intérieur entre 2012 et 2015, la chronique du siège de Yarmouk, camp palestinien affamé par le régime syrien. À l'opposé du misérabilisme, le journal intime d'une résistance collective.
24 novembre 2024 - 13 novembre 2025

Sur ARTE.TV

En 2012, alors que la Syrie sombre dans la guerre civile après la répression sanglante de la révolution, le régime assiège le quartier de Yarmouk, plus grand camp de réfugiés palestiniens au monde, dans la banlieue de Damas, estimant qu'il sert de refuge aux rebelles. Encerclés par l'armée de Bachar al-Assad, qui les bombarde régulièrement et ne laisse rien ni personne entrer ou sortir du quartier, ses habitants, privés de travail, d'école et d'hôpitaux, manquent très vite aussi de nourriture, de médicaments, d’électricité, d’eau. Détenteur d'une caméra léguée par un ami qui a tenté de s'enfuir, avant de mourir sous la torture, le jeune Abdallah al-Khatib, ancien employé de l'ONU, entreprend de filmer au jour le jour cette lente asphyxie et les stratégies de survie qu'elle suscite, avec la mort qui avance et les rues obturées comme seuls horizons. Souvent dans les pas de sa mère, devenue infirmière bénévole auprès des personnes âgées du camp, il montre sans fard le dénuement croissant, l'angoisse, l'attente, la faim. Mais il témoigne aussi de la solidarité, à commencer par la sienne propre, et de la résistance individuelle et collective que la population oppose à la férocité de l'arbitraire.

Au jour le jour
En 2015, Yarmouk, que ses habitants appelaient leur "petite Palestine", est tombé avec l’accord tacite du régime syrien sous le contrôle de l’État islamique, puis a été rasé en 2018 sous ce prétexte. Expulsé en 2015 et réfugié en Allemagne, Abdallah al-Khatib y a réalisé, avec ses images tournées au jour le jour, ce bouleversant journal intime, rythmé en voix off par sa réflexion a posteriori sur l'expérience du siège. Tissant des séquences parfois hallucinantes, il fait de ces souffrances partagées la trame d'un récit universel. Tout à la fois chronique, poème et hommage à ses anciens concitoyens, morts ou dispersés à travers le monde, son film donne voix et corps au refus de l'annihilation, exprimé avec une impressionnante dignité par celles et ceux, des très jeunes enfants aux plus âgés, qui dialoguent avec sa caméra.

Palestine, Yarmouk, Cinéma