Décoloniser la recherche de provenance

Expériences de co-construction des connaissances et de négociation du futur des collections coloniales. Auditorium du MEG et streaming en ligne. Mercredi 24 et Jeudi 25 Novembre 2021, de 9h à 16h.

  • Conférence-Rencontre
  • Conférence, colloque
  • Tous publics
  • Evénement VDG
  • MEG
Défense d'éléphant sculptée d'autel royal. ETHAF 021934. © MEG, Johnathan Watts.

Réservation et pass covid obligatoires pour assister à la conférence dans l'Auditorium. Jauge et places limitées. Modalités d'inscription disponibles dès le 30 septembre 2021.

Programme

Mercredi 24 novembre 2021

8h30-9h Réception et cafés

9h-9h30 Introduction

9h30-10h30 Khadija von Zinnenburg Carroll, Julie Adams, Kay Robin et Jody Toroa, "Le retour du taonga".

10h45-11h45 Larissa Förster, Julia Binter et Golda Ha-Eiros, "Confronter les passés coloniaux, envisager des avenirs créatifs. Recherche collaborative sur les collections de Namibie au Musée ethnologique de Berlin".

12h-14h Pause de midi

14h-15h João Pacheco de Oliveira et Salomão Inácio Clemente, "Musée Maguta: célébration de souvenirs historiques et de traditions ancestrales".

Jeudi 25 novembre 2021

9h-9h30 Réception et cafés

9h30-10h30 Brook Garru Andrew, Brian Martin et Roslyn McGregor, "Plus qu'un guulany (arbre): Systèmes de connaissances autochtones".

10h45-11h45 Jisgang Nika Collison et Lucy Bell, [titre à préciser].

12h-14h Pause de midi

14h-15h Nuno Porto et Renata de Castro Menezes, "Cosme & Damião : Un projet de collections jumelles pour le Musée national de Rio de Janeiro - Université fédérale de Rio de Janeiro (MN), Brésil, et le Musée d'anthropologie de l'Université de Colombie-Britannique (MOA), Canada".

15h15-15h45 Conclusion

Propos

Il existe aujourd'hui en Europe de nombreuses initiatives dans le domaine de la «recherche de provenance» des collections coloniales. Cette conférence réunit un panel international où la parole est donnée à des tandems de personnes ayant une expertise approfondie et des expériences originales en matière de recherche de provenance participative, qui débouchent sur diverses solutions de réappropriation. Ces binômes sont généralement composés d'une part de professionnel-le-s des musées, et d'autre part de porteurs et porteuses de culture issu-e-s d’horizons différents. Les intervenant-e-s sont invité-e-s à rendre compte d'expériences communes de co-construction de méthodologies de recherche, de revitalisation des savoirs et pratiques autochtones, et de promotion de la créativité autour d'objets de collections coloniales contestées ou historiquement sensibles.
L'intention de cette conférence est donc d'élargir le champ de réflexion autour de la question de la recherche de provenance dans une perspective décoloniale, c'est-à-dire critique, éthique, durable et équitable. Les présentations des intervenant-e-s visent à refléter une approche plus décoloniale de la recherche de provenance, ancrée dans une pratique expérimentale de terrain, et favorisant des formes innovantes de négociation du futur des collections coloniales. Plus qu’une opération de recherche documentaire suivie d'un partage de données, ou qu'un traitement administratif visant au possible retour physique d'un objet pour des raisons morales ou légales, la recherche de provenance décoloniale est l’occasion de développer des relations équitables avec les porteurs et porteuses de culture lié-e-s aux collections muséales d’origine coloniale. Ces différentes approches, telles que discutées dans la conférence, peuvent permettre de faire revivre des récits, des objets ou des pratiques qui renforcent la cohésion d’un groupe, son identité ou sa mémoire.
Développer des relations de confiance et des échanges équitables avec les communautés d'où proviennent les objets, dans des contextes parfois sensibles et toujours idiosyncrasiques, est l'un des objectifs stratégiques du MEG. Le MEG entend favoriser à la fois la création et la co-construction des savoirs en questionnant ses collections et en développant de nouveaux liens avec les porteurs et porteuses vivant-e-s de culture et d'autres parties prenantes.

Cette conférence est rendue possible grâce au soutien de l'Office fédéral de la culture OFC.

Texte alternatif à l'image
Cette défense d'éléphant sculptée est originaire du royaume de Bénin, au Nigéria. Elle a été réalisée vers 1735, lors du règne de Oba Eresonyen, l'un des souverains du royaume, afin d'orner un autel royal edo consacré aux ancêtres royaux. D'après Barbara W. Blackmun, il s'agirait de l'une des premières défenses entièrement sculptée, dont les motifs honoraient vraisemblablement Oba Akenzua I, monarque guerrier et père d'Eresonyen. L'objet est en ivoire, et porte des marques de carbonisation rappelant le grand incendie qui détruisit presque entièrement la cité de Bénin (Benin City), lors du pillage d'une expédition britannique en 1897. Comme des milliers d'autres objets royaux, cette défense fut saisie par le corps expéditionnaire, puis vendue à Londres. L'objet apparaît dès 1899 dans le catalogue de vente de W. D. Webster (Vol. 3, N° 19. Africa. 92, 5443). La défense fut acquise en 1948 par le Musée d'ethnographie de Genève auprès de la galerie Berkeley de Londres. Elle est l'une des plus anciennes défenses conservées en Europe.
Autre lieu
Player-vidéo permettant l'accès au streaming sur la page web du MEG relative à la conférence.
Salle
Auditorium du Musée d'ethnographie de Genève (MEG)
Organisateur
Musée d'ethnographie de Genève (MEG)
Organisateur url
http://www.ville-ge.ch/meg