Exposition // LA MAISON DE PAPIER, Charlie Chine

Vernissage Jeudi 12 Septembre à partir de 19h // LA MAISON DE PAPIER, véritable machinerie, pose la question de l’archivage de données sur le long terme.

  • Culture
crédit image : Charlie Chine

LA MAISON DE PAPIER

Performée pendant une semaine de 35h, LA MAISON DE PAPIER s’exhibe sous les traits d’une véritable machinerie dévoilant de multiples organes de production. Parfaitement fonctionnelle, elle n’a qu’un engagement : assurer la conservation des « Chroniques du Réel ». Jonglant entre plusieurs technologies, de la plus obsolète à la plus performante, cette installation pose la question de l’archivage de données sur le long terme.

LA MAISON DE PAPIER s’appuie sur un appel à contribution, « Les Chroniques du Réel ».Depuis le mois de Mai, ce projet d’écriture expérimental offre aux participants la liberté de raconter leur propre réalité tous les dimanches entre 19h et 19h05 à travers la rédaction « d’un rapport dactylographié descriptif et subjectif des personnes et des comportements ». Rédigées dans l’urgence des transports ou assis tranquillement derrière sa fenêtre, « Les Chroniques du Réel » s’invitent sous toutes les formes : déclamation poétique, essai littéraire, courrier militaire, gazette quotidienne, dialogue de films ou description de cour intérieure. Cette substance littéraire deviendra le carburant de LA MAISON DE PAPIER mais également la matière première essentielle à sa réalisation formelle.

_Machine célibataire _bruyante et brinquebalante, LA MAISON DE PAPIER révèle son appareillage dans les entrelacs de sa chaîne de production infernale. Elle assigne une fonction précise à chacun des outils qui se positionnent les uns derrière les autres sous son ventre relâché. L’archivage peut démarrer et les allers-retours se multiplient frénétiquement entre les médias. Parmi les sons qui résonnent de manière cyclique, l’Homme agit tel l’Outil parfait, attentif et silencieux. Il apparaît ici comme l’instrument fétiche de la machine faisant lien entre les appareils et se pliant au rythme du concerto qui se joue devant lui.

Pendant que l’archivage se poursuit méthodiquement, le tabularium se met en place. Le processus de transformation des mémoires est à l’oeuvre : déchiquetage, broyage, moulage, séchage, autant d’actions qui permettent aux parois de se monter lentement, cherchant à cloisonner les différents espaces de production et de circulation.

Au travers des « Chroniques du Réel » et de LA MAISON DE PAPIER, Charlie Chine se pose ici en archéologue du présent et entend donner la parole aux mythologies individuelles de l’_(extra)_ordinaire commun d’un dimanche soir.

                                                                                         Eléonore Gros

                                                                                         Commissaire d'exposition
art contemporain, exposition, architecture, édition, design, technologie, écriture