Love is in the Hair

Cie For Happy People and Co - Jean-François Auguste et Morgane Eches

Cie prévoyant de déposer une demande de conventionnement (commission juin 20)
Christophe Raynaud De Lage

Mise en scène et scénographie : Jean-François Auguste

Texte : Laetitia Ajanohun

Collaboration artistique : Morgane Eches

Chorégraphie : Wanjiru Kamuyu

Musique / interprétation au plateau : Christiane Prince

Lumières : Mana Gautier

Costumes : Marta Rossi

Peintures : Marc Anselmi

Comédiennes/iens : Fatou Malsert, Juliette Speck, Roberto Jean, William Edimo, Pascal Beugre Tellier, Samuel Padolus.

En 2010, le magazine Vice interroge de jeunes Afro-Parisiennes : Comment trouvent-elles leurs cheveux au naturel ? Les réponses se ressemblent. Amy, 19 ans, les trouve «horribles». Founé, 15 ans : «Plus tard, je vais essayer de me marier avec un Blanc. Comme ça, ma fille aura des cheveux cools.» Tene, 28 ans : « Je les aime moins. Ils sont moins féminins. Je préfère les travailler, faire des rajouts, et tout ça. Crépus, ils ne ressemblent pas à grand chose(…) Ici au magasin, je vois des filles qui dépensent facilement 500 euros d'un coup pour une perruque, trois produits capillaires et des fausses tresses ». Les cheveux, comme la couleur de la peau, ne sont jamais un sujet neutre. Ils ont toujours été utilisés pour racialiser, pour hiérarchiser les peuples. Avec LOVE IS IN THE HAIR/PARTITION nous avons tenté de donner d’un côté des fragments de récits, des débuts de paroles et nous avons cherché d’un autre côté à nous mettre face aux représentations caricaturales que la société française se fait d’elle-même, à regarder comment elle continue à stigmatiser les êtres selon leurs origines, leur couleur, leur croyance, leur condition sociale. Ces stigmatisations peuvent s’appliquer aux Noirs, Juifs, Arabes, Homosexuels, Femmes…nous mettons exprès une majuscule à tous ces mots pour accentuer l’effet stigmatisant. Démonter cette majuscule et les stéréotypes qui en découlent c’est le début d’une réflexion, d’un travail de déconstruction. Enfin le rire s’est imposé à nous avec ce qu’il comporte comme libération et comme « risque ». Un rire grinçant…noir « comme l’humour acéré de ceux qui savent qu’il est impératif d’en rire ». Happy People.