Les pesticides : enjeux scientifiques et de justice environnementale
Cette conférence de Manuel Vallée se tiendra le mercredi 1er avril 2026 à la Faculté de droit et de science politique de Rennes.

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Intervenant :
Manuel Vallée est responsable du département de sociologie à l'Université d'Auckland, en Nouvelle-Zélande. Ses recherches portent sur le contrôle social, la gestion des connaissances inconfortables (pesticides et produits pharmaceutiques), la violence environnementale de l'État et la construction sociale de l'utilisation des pesticides. Il a coédité le volume Resilience, Environmental Justice and the City (2018) et récemment écrit Urban Aerial Pesticide Spraying Campaigns : Government Disinformation, Industry Profits, and Public Harm (2023), ouvrage disponible gratuitement en suivant ce lien : https://www.taylorfrancis.com/books/oa-edit/10.4324/9780429426414.
Présentation :
Bien que les pesticides chimiques soient utilisés pour accroître la rentabilité des industries agricoles et forestières, cet usage expose de nombreuses personnes (notamment les travailleurs agricoles, les ouvriers de l’industrie chimique, les communautés proches des champs agricoles et les consommateurs) à des substances nocives. Les chercheurs en santé environnementale ont établi un lien entre ces substances et une liste croissante de problèmes médicaux, incluant des affections respiratoires, une baisse de la fertilité, des cancers, des troubles psychologiques et bien d’autres encore.
Une question centrale est de comprendre pourquoi, malgré les risques associés aux pesticides, le public continue d’accepter leur utilisation. Des études sociologiques ont montré que l’acceptation des pesticides est étroitement liée à la perception de leur innocuité. Cependant, ces études n’apportent que peu d’éclairage sur la construction sociale de cette perception.
Cette conférence propose ainsi d’explorer comment l’industrie et les agences gouvernementales façonnent ces perceptions par la gestion des connaissances inconfortables et gênantes. Elle s’appuiera sur le cas du glyphosate, produit par Monsanto, l’un des pesticides les plus utilisés au monde, mais que l’ONU a classé comme cancérogène de classe 2. La manière dont Monsanto et les gouvernements ont géré cette information inconfortable sera exposée, ainsi que l’impact de cette gestion sur la réglementation, la santé publique et la justice environnementale. Le rôle de certains avocats pour contrer la manipulation idéologique de l’industrie et des gouvernements sera aussi présenté.