Chef-d’œuvre du XVIIIe siècle, la carte de Cassini est la première représentation de la France réalisée avec précision grâce à des mesures géométriques. À travers des documents inédits, l’expo en…
1 > On prend (enfin) goût à l’histoire-géo
À première vue, une expo sur de vieilles cartes du XVIIIe siècle, ça ne vend pas forcément du rêve. Et pourtant, c’est précisément le tour de force réussi par les Archives nationales (Paris Centre). Toute la première partie de l’installation se concentre sur l’épopée ayant permis la réalisation de la fameuse carte. Dans les premières salles, on mesure le chemin parcouru en observant les premiers levés géométriques faits à la main par les scientifiques de l’époque. Les échelles sont approximatives, les cotes et les reliefs ne sont pas encore exacts et les noms de certains lieux emblématiques de notre pays ne sont tout simplement pas les mêmes !
La rétrospective nous montre clairement comment toutes ces approximations vont pousser les monarques successifs (Louis XIV, Louis XV et Napoléon Bonaparte) à entreprendre une cartographie précise du territoire. De nombreux savants sont mobilisés sur le projet, ainsi que quatre générations de Cassini, dont l’aîné, Jean-Dominique, devient le tout premier directeur de l’Observatoire de Paris en 1667.
2 > On s’extasie devant un chef-d’œuvre à part entière
Le clou du spectacle, c’est évidemment la carte. Ses proportions étant gargantuesques, elle est exposée dans une salle à part entière. Composée de 181 feuilles assemblées les unes aux autres, elle mesure 12 mètres de haut sur 11 mètres de large. Par souci de place, les Archives nationales l’ont séparée en deux et affichée sur deux murs se faisant face.
Entièrement faite à la main, la carte est un véritable bijou qui se rapproche plus d’un tableau que d’un support géographique. Chaque détail (bois, marais, village, chapelle, etc.) a été dessiné. Pour autant, elle n’en reste pas moins extrêmement précise, et ce, grâce à une technique révolutionnaire : la triangulation. Cette dernière permet de mesurer les distances en reliant des points fixes, comme des tours, des clochers ou encore des collines. Ces symboles, que l’on retrouve sur la carte, sont d’ailleurs légendés sur un immense panneau situé à l’entrée de la salle. De quoi faciliter la compréhension.
3 > On s’amuse à explorer la France du XVIIIe siècle
L’expo a beau être avant tout didactique, elle n’en reste pas moins ludique. On éprouve un certain plaisir à repérer son adresse, son village d’origine ou son lieu de vacances préféré sur cette carte datant de 1815. Les plus téméraires tentent de le faire directement sur la carte grandeur nature ; les autres se tournent vers l’une des deux tablettes tactiles mises à notre disposition. Sur ces dernières, on peut naviguer sur la carte à la manière de Google Maps, histoire de trouver ce que l’on cherche plus facilement.
La carte de Cassini est aussi un témoin d’une époque révolue. C’est une sorte de photographie de la géographie de notre pays à la fin du XVIIIe et au début du XIXe siècle. L’exemple le plus frappant est sans aucun doute Paris. En 1815 (date de sa finalisation), les limites de la capitale sont loin d’être les mêmes que celles que nous connaissons aujourd’hui. Charonne (11e), Javel (15e), Passy (16e) ou Belleville (20e) sont autant de villages situés en périphérie, qui n’ont pas encore été pleinement absorbés par la ville. Pareil pour Nice, dont le canton ne fait tout simplement pas partie du territoire français !
L’info en plus
La carte est consultable en ligne gratuitement sur le site du gouvernement. Pour la découvrir, cliquez ici !