La mort de Jean-Marie de Balma
Cie ROSEBUD - Pascal KIRSCH
17 september - 18 oktober

Clotilde Baudry
Grâce à l'écriture
Un matin, Jean-Marie laisse sa voiture sur le bord de la route, prend un train vers le sud, et ne donne plus jamais de nouvelles à sa famille. L'écriture de la pièce commence 29 ans plus tard, en 2012, lorsque son frère lui adresse, dans le journal L’Impossible, une lettre ouverte.
La mort de Jean-Marie de Balma est à la fois un récit et une pièce. C'est la quête d'un frère qui disparaît volontairement et l'enquête pour reconstituer sa vie.
C'est un théâtre à la fois documentaire et poétique. C'est le dialogue manqué avec celui qui est parti et leur rencontre vertigineuse, qui n'a pas eu lieu mais s'écrit.
La scène offre un espace entre deux êtres que tout sépare : le temps, l'espace, la vie et finalement, comme l'indique le titre, la mort. Par la fiction, ce qui manque en réalité, ce qui est à jamais perdu et ce que personne n'a vu, existent enfin. L'écriture raccommode ce qui restait démembré, délié. Elle sculpte une fraternité vibrante et délicate.
Un frère cherche les mots qui accompagneraient les derniers instants de son aîné. Comme on tiendrait la main d'un être cher. Des mots comme un tombeau, pour être là quand personne n’y était. Et par une opération presque magique, le frère hanté se présente au disparu, grâce à l'écriture.
Les interprètes donnent voix et corps à ce texte dans une forme de reconstitution. Nous tentons d’approcher cette vie, de franchir le seuil de sa chambre, sans rien déranger, seulement être présent·e·s et donner à sentir cette humanité si parfaitement invisible et seule.
Pascal Kirsch
disparition volontaire, fraternité, enquête