La Suisse et ses limites. NEXPO a National Expo

Table ronde : Les implications de la Suisse dans les passés coloniaux et les présents postcoloniaux. Auditorium du MEG. Le samedi 29 octobre, de 17h à 18h30.

copyright Ayo Akingbade

Cette table ronde explore la présentation et la représentation des implications de la Suisse dans les passés coloniaux et les présents postcoloniaux divulgués dans les espaces publics, les musées, les sphères académiques et les imaginaires.

Avec Denise Bertschi, Floriane Morin et Bernhard Carlos Schär, conçu et modéré par Samia Henni.

À travers la pratique professionnelle de quatre interlocuteurs et interlocutrices opérant dans différents domaines, la table ronde discute des rôles que les institutions et les individus pourraient ou devraient jouer pour défaire ces présentations et représentations. Le terme «limites» est entendu non seulement comme des frontières et des restrictions, mais aussi comme des points de rupture qui permettent une multiplicité de possibilités, de relations et de futurs.

Biographie des panélistes :

Denise Bertschi est doctorante EPFL / HEAD-Genève. Elle a obtenu son MA en arts visuels à HEAD-Genève et son BA au ZHdK. Son travail a été présenté dans diverses insti­tutions artis­tiques en Suisse et à l'étranger : à l'Aargauer Kunsthaus, au Musée Johann Jacobs de Zurich, au LACA de Los Angeles, au Museum für Kunst und Gestaltung MKG de Hambourg, à RosaBrux de Bruxelles, à Artsonje de Séoul, à l'Uni­versité WITS de Johan­nesburg et au Corner College de Zurich.

Samia Henni est une histo­rienne des environ­nements bâtis et détruits et professeure à Cornell University. Elle est l'auteur de Architecture of Counterrevolution: The French Army in Northern Algeria (2017, EN; 2019, FR), l'éditrice de War Zones (2018) et Deserts Are Not Empty (2022), et la réali­satrice d'expo­sitions, telles que Housing Pharmacology (2020) et Discreet Violence: Architecture and the French War in Algeria (2017–21). Elle est la co-présidente de Beyond France, The University Seminar à l'Uni­versité de Columbia. Elle a été titulaire de la chaire Albert Hirschman (2021-22) à l'Institut d'études avancées de Marseille, professeur invité à l'Institut d'histoire de l'art de l'Uni­versité de Zurich (automne 2021), et Geddes Fellow (printemps 2021) à l' Edinburgh School of Archi­tecture and Landscape Archi­tecture.

Floriane Morin est histo­rienne de l'art, diplômée de l'Ecole du Louvre en muséologie et arts du Pacifique et titulaire d'une maîtrise en histoire de l'art africain de l'Uni­versité de Paris IV. Entre 2004 et 2009, elle a été conser­vatrice des collections africaines et océaniennes au Musée Barbier-Mueller de Genève et a réalisé plusieurs expositions et publi­cations inter­na­tionales sous sa codirection. Depuis 2010, elle est conser­vatrice en charge des collections africaines au Musée d'Eth­no­graphie de Genève. Dans le cadre du Strategic Plan 2019-2024 du MEG, elle dirige actuel­lement un projet global de recherche de provenance et d'histoire critique des collections.

Bernhard Carlos Schär est professeur Eccellenza du FNS à l'Institut d'études politiques de l'Uni­versité de Lausanne. Il dirige actuel­lement un groupe de recherche qui examine les relations impériales et quasi-impériales de la Suisse avec le Brésil, l'Afrique australe et l'Inde à travers le prisme des missi­onnaires et des marchands du XIXe siècle. Bernhard a étudié aux universités de Berne et de Genève, a été chercheur postdoctoral à l'ETH Zurich et a été boursier à Singapour, Berlin, Munich et Leyde. Sa publi­cation la plus récente est : Switzerland, Borneo and the Dutch Indies. Towards a New Imperial History of Europe, dans Past&Present, 2022.

La table ronde est précédée d'un parcours urbain : Figures de la Genève internationale
29 octobre de 14h00 à 15h30. Gratuit. Réservation obligatoire (Dialogue en Route)

Par Aline Zuber, histo­rienne diplômée d’histoire inter­na­tionale à l’Institut de hautes études inter­na­tionales et du dévelop­pement (IHEID).

Quel a été le rôle des grandes organi­sations inter­na­tionales actives dans la promotion des droits humains ou de l'huma­nitaire dans la « fabrique des inégalités » ? En partant à la rencontre de trois personnages phares de la Genève inter­na­tionale – Henri Dunant, Gustave Moynier et William Rappard – le public sera invité à questionner cette histoire et son héritage actuel. L’objectif de cette visite guidée réside dans une volonté d’attirer l’attention du public sur l’histoire de la construction des inégalités aux 19e et 20e siècles en proposant de « rencontrer » certaines person­nalités du paysage historique local célébrées dans l’espace public, lesquelles ont participé direc­tement ou indirec­tement à ces constructions. Ce faisant, la visite propose de mieux comprendre l’histoire des organi­sations humani­taires et inter­na­tionales de laquelle les inégalités et les discri­mi­nations ne sont pas absentes. Ce regard porté sur le passé permet en retour d'apporter un éclairage sur le « présent des inégalités ».

NEXPO sera présenté par Samia Henni, histo­rienne des environ­nements bâtis et détruits et professeure à Cornell University.