Paysages 1830-1940 dans les collections du musée des Beaux-Arts de Mulhouse Futaies, alpages et rivages

Exposition

crédit Giannelli

Cette exposition présente des œuvres du Musée des Beaux-Arts de Mulhouse qui, pour la plupart, n’ont pas été montrées au public depuis près d’un siècle. Elle a été l’occasion d’une importante campagne de restauration de tableaux qui, endommagés pendant la Seconde guerre mondiale ou présentant un vernis jauni par le temps, étaient remisés en réserve.

Le large siècle qu’embrasse cette exposition (environ 1830-1940) voit une radicale transformation du métier de peintre et du goût de la critique et du grand public. La peinture de paysage qui connait un spectaculaire essor durant cette période en est un bon témoignage. Le début du 19e siècle est encore tributaire de la tradition codifiée au 17e siècle par l’Académie royale, selon laquelle le paysage est un genre inférieur à la peinture d’histoire et au portrait. Mais progressivement, nombres d’artistes se libèrent de ces conventions au profit de la simple représentation de sites, voire d’éléments naturels (arbres, étangs) sans la nécessaire justification d’un sujet. La forêt de Fontainebleau devient le lieu par excellence où les peintres se forment à l’étude du réel. Ils cherchent à transcrire sur la toile les sensations visuelles qu’ils éprouvent, à rendre les variations de la lumière au gré de la journée et des conditions climatiques changeant selon les saisons. En revenant sans cesse sur le même motif, ils tentent de s’approcher au plus près de la vérité des matières.

Pour nombre d’artistes, le paysage de la région dont ils sont originaires ou qu’ils ont choisi d’habiter prend une dimension identitaire. La représentation des forêts et des étangs de Franche-Comté (Courbet, Isenbart), les falaises et retenues d’eau des Vosges et de Lorraine (Michel, Pierrat), les collines de la Bresse (Grosjean), les Alpes suisses (Zimmermann, Engel), les villages au bord du Loir (Busson) deviennent pour certains une véritable signature. Des territoires français sont découverts par le grand public grâce au chemin de fer et deviennent à la mode. Plusieurs peintres tombent amoureux de la Bretagne et en dépeignent les paysages mais aussi les coutumes (Bernier, Cottet, Maufra) ; la Normandie dont est originaire Eugène Boudin devient un lieu prisé des peintres qui représentent avec bonheur les touristes sur la plage et les barques de pêcheurs sur une eau aux reflets changeants (Renard, Brianchon). Une salle de l’exposition est consacrée à la figure d’Henri Zuber originaire de Rixheim qui, voyageant dans le monde entier, garda toujours une affection particulière pour les paysages du Sundgau.

Au début du 20e siècle, sans toujours abandonner la figuration, les artistes s’affranchissent du sujet au profit d’une plus grande autonomie des moyens picturaux.

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