Jean Leyris & Setsuko Klossowska de Rola
Deux artistes ayant une pratique du fusain, gouaches et sculptures révèlent deux regards singuliers, unis par la lumière, le silence et le vivant.

©Anne Clergue Galerie
Jean Leyris et Setsuko Klossowska de Rola se rencontrent en 1962 à la Villa Médicis à Rome, alors dirigée par Balthus.
À cette époque, Jean Leyris est producteur de cinéma, de théâtre et de comédies musicales. À trente-sept ans, il choisit de rompre avec cette carrière pour s’installer en Provence, attiré par la proximité de la nature et la lumière du Midi. Il se consacre pleinement au dessin, à la peinture, puis à la sculpture.
Les encres et fusains présentés dans cette exposition plongent le regard au cœur de la garrigue du Luberon.
Par un jeu subtil de noirs et de gris, Jean Leyris restitue les vibrations des sous-bois, les clairs-obscurs et la respiration silencieuse de la forêt, pensée comme une véritable grammaire du vivant.
Née à Tokyo en 1942, Setsuko Klossowska de Rola grandit en lien étroit avec la nature, façonné par son enfance sur l’île de Kyushu, terre de forêts, de montagnes et d’eau. Marquée par l’austérité de l’après-guerre et par une grave maladie surmontée grâce à la méditation, elle développe une sensibilité aiguë au monde vivant et à l’instant présent. En 1962, sa rencontre avec Balthus à Kyoto bouleverse sa vie. Elle quitte le Japon pour Rome, où elle affirme son identité artistique, encouragée à développer l’aquarelle — un médium qui deviendra central dans son œuvre.
Tandis que Balthus élabore des récits peuplés de figures, Setsuko se tourne principalement vers la nature morte. Sous son pinceau, les objets respirent et prennent vie, instaurant un temps suspendu entre ombre et lumière. Après la disparition de Balthus, elle prolonge ce dialogue avec la nature à travers la céramique et la sculpture, notamment autour du motif de l’arbre et des fleurs.
L’idée de réunir Jean Leyris et Setsuko Klossowska de Rola dans une exposition commune est née de ma propre rencontre avec eux, il y a une trentaine d’années.
Au-delà de la chronologie biographique, ce projet s’est construit autour de la profonde résonance de leurs parcours artistiques — une affinité fondée sur des sensibilités partagées, un respect mutuel et une amitié artistique durable.
Tout au long de l’exposition, ce dialogue se déploie naturellement.
Les fusains et sculptures de Jean Leyris nous entraînent sur les sentiers ombragés du Luberon, tandis que les gouaches de Setsuko ouvrent sur une nature lumineuse et méditative.
Deux œuvres singulières se rencontrent ici pour la première fois, unies par une attention profonde au vivant, à la lumière et au silence.
Pour cette occasion, Setsuko a créé plusieurs œuvres inédites spécialement pour l’exposition. Présentée à Arles, cette rencontre rend hommage à une amitié fidèle et offre au public un dialogue rare et sensible entre deux univers artistiques.
Exposition ouverte du mardi au samedi de 11h à 18h et sur rendez-vous à tout autre moment.
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