Partant du travail pionnier de la photographe Eva Klasson, l’exposition réunit une douzaine de photographes de trois générations afin d’interroger l’évolution de la représentation du corps.
Dès les premiers tirages, il y a près de 200 ans, la photographie a toujours élu le corps comme sujet : pour fixer le souvenir d’une personne, comme promotion de soi, pour en explorer le fonctionnement (Edward Muybridge), voire même dans des mises en scène revendicatives telle la fausse mort par noyade dans l’autoportrait d’Hippolyte Bayard (1840), déçu de ne pas avoir été reconnu comme inventeur de la photographie par l’Académie des sciences. La représentation du corps en photographie en dit long sur notre société et la manière dont elle considère non seulement cette enveloppe mais aussi l’humain qui se cache derrière. Intrinsèquement liée à la technologie, la photographie se fait aussi l’écho des avancées en la matière : digitalisation, logiciels de retouche, impressions 3D, intelligence artificielle… En quoi les nouvelles technologies modifient-elles notre perception du corps et le corps même de la photographie ?
C’est à Paris entre 1969 et 1984 que l’iconique Eva Klasson a développé certaines de ses séries les plus emblématiques, dont Le Troisième Angle (1976), qui fut exposée au Centre Pompidou l’année suivante, Ombilic (1977), exposée au Musée d’art moderne la même année et Parasites (1978), exposée au Centre culturel suédois, devenu depuis Institut suédois. Plusieurs de ses œuvres figurent aujourd’hui dans des collections suédoises comme françaises (MAM, MEP…) et son influence sur toute une génération de photographes suédois fut grande. Klasson fait actuellement l’objet d’un regain d’intérêt en Suède, notamment à travers une exposition qui, après le Borås Konstmuseum, est actuellement présentée à Mjellby Konstmuseum, curatée par l’historienne de l’art Lotta Granqvist qui a récemment publié sa thèse sur l’artiste. À partir de cette œuvre singulière, l’exposition sera enrichie de travaux d’autres photographes qui explorent des thématiques proches de celles développées par Klasson : le corps, sa représentation, l’acte de se photographier soi-même. L’exposition offrira ainsi l’occasion de questionner la représentation du corps, hier comme aujourd’hui, tout comme l’évolution de la photographie. Elle sera complétée d’un programme associé composé de rencontres, visites, performances, concerts etc. prolongeant et enrichissant ces réflexions.
Le titre « Take Off » s’inspire d’une autre artiste suédoise, pionnière, elle, dans le domaine de l’art vidéo. En 1977, Gunvor Nelson réalise un court film qui montre, avec beaucoup d’humour, un strip-tease de l’espace au cours duquel la strip-teaseuse va jusqu’à se dévêtir de parties de son corps même, une fois s’être totalement mise à nu.
Avec :
Ikram Abdulkadir, Diana Agunbiade-Kolawole, Lotta Antonsson, Lucile Boiron, Arvida Byström, Dev Dhunsi, JH Engström, Arno Rafael Minkkinen, Gunvor Nelson, Frida Orupabo, SMITH, Li Yi-Fan.
Commissariat : Marion Alluchon, Sara Arrhenius et Anna Danielsson.
Comité scientifique : Dragana Vujanovic-Östlihn, curatrice en chef de Hasselblad Foundation et Lotta Granqvist, docteure en histoire de l’art.
L’exposition a reçu le label du Bicentenaire de la photographie.
Du 12 février au 2 mai 2027