Xérographie. Artistes femmes, 1965-1990

Colloque

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Helen Chadwick, Oval Court, 1986 Xérographie, détail. Estate of the artist, courtesy Richard Saltoun, Londres

Ce colloque entend offrir un état de l’art sur l’utilisation de la xérographie par les artistes femmes, une pratique qui, à ce jour, n’a fait l’objet d’aucune étude approfondie. Apparue dans le champ de l’art au début des années 1960, la xérographie (du grec xeros, sec, et graphein, écrire) apparaît comme une pratique de l’entre-deux bordée en amont par la photographie et en aval par l’avènement de l’image numérique. Si des artistes masculins l’explorèrent à travers leurs oeuvres – en témoigne de manière paradigmatique The Xerox Book coordonné par Seth Siegelaub –, l’émergence de ce phénomène et son développement, en particulier sur le sol américain, furent essentiellement le fait d’artistes femmes. Souvent considérées comme de simples suiveuses, voire comme de vraies copistes, il n’est pas surprenant que ces dernières aient investi la nouvelle technologie dans un contexte artistique et culturel qui érigeait en valeur suprême le principe d’originalité. Succédant aux grandes oeuvres – souvent masculines – de l’expressionnisme abstrait, les images xérographiques résultaient du détournement de l’usage bureautique de la photocopieuse en vue de produire des compositions inédites qui venaient jeter un trouble sur la distinction par trop simpliste entre l’oeuvre originale et sa copie. Tandis que les années 1970-1980 furent celles de l’apogée du féminisme caractérisé par un activisme contestataire, une autre histoire se profilait dans l’obscurité des ateliers de reprographie des écoles d’art et des copy shops : la xérographie, comme théâtre d’une critique sociale qui, sans être ostentatoire, n’en était pas moins effective. Elle fut ainsi naturellement associée à la notion de « contre-culture » qui privilégiait des moyens de diffusion alternatifs comme l’affiche, le fanzine, l’art postal, la performance ou encore le livre d’artiste. Pratique intermédiale par excellence mettant à mal la notion de spécificité par la production d’une image mécanique infiniment reproductible, la xérographie fut vécue comme une forme de menace à laquelle répondit la montée en puissance de la question du médium, qui devait dominer durablement les débats de la critique d’art. En faisant dialoguer historiens de l’art, critiques, conservateurs, commissaires d’exposition et artistes, cet événement scientifique entend combler une lacune historiographique sensible, en portant un nouvel éclairage sur la scène artistique des années 1960 à 1980, à laquelle la xérographie participa, sourdement certes, mais activement et sur le plan mondial.

En partenariat avec le Getty Research Institute, Los Angeles, l’unité de recherche Histoire des arts et des représentations (EA 4414) – université Paris Nanterre, le Centre Georges-Pompidou et AWARE.

Comité scientifique
Pauline Chevalier (INHA), Judith Delfiner (université Paris Nanterre), Mica Gherghescu (Bibliothèque Kandinsky, MNAM – Centre Georges-Pompidou), Zanna Gilbert (Getty Research Institute), Rüdiger Hoyer (Institut central d’histoire de l’art, Munich),

Intervenants
José Ramón Alcalá Mellado (université de Castille – La Mancha, Cuenca), Jean-Louis Boissier (université Paris 8 Vincennes – Saint-Denis), Michelle Cotton (Mudam, Luxembourg), Taous Dahmani (université Paris 1 Panthéon-Sorbonne), Maurin Dietrich (Kunstverein München, Munich), Karen di Franco (Chelsea College of Art and Design, Londres), Marisa González (artiste, Madrid), Jacob Lillemose (université de Copenhague), Mara Polgovsky Ezcurra (université de Londres, Birkbeck), Kameelah Janan Rasheed (artiste, New York), Mari Rodriguez Binnie (Williams College, Williamstown), Jenni Sorkin (université de Californie à Santa Barbara), Richard Torchia (université Arcadia, Glenside), Tamara Trodd (Edinburgh College of Art, Édimbourg)

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Informations pratiques
18 novembre : INHA, Galerie Colbert, Salle Giorgio Vasari - 9h30 à 17h
19 novembre : INHA, Galerie Colbert, Salle Giorgio Vasari - 10h à 17h

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Helen Chadwick, Oval Court, 1986
Xérographie, détail.
Estate of the artist, courtesy Richard Saltoun, Londres

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A propos du lieu

2, rue Vivienne ou 6 rue des Petits Champs