Suggérer une modification sur le lieuCité des sciences et de l’industrie
30 avenue Corentin Cariou, 75019 Paris, France
Dans le projet originel de Fainsilber, la cité des sciences et de l’industrie (CSI) se présente comme une forteresse d’une île géométrique. Intégrée dans le nouveau plan paysager de Tschumi, elle perd de son imprenabilité et se révèle être la façade du parc : premier élément vu depuis l’entrée nord ; élément finissant la perspective depuis l’entrée sud. La CSI fait partie du cheminement culturel du parc ; en plus de s’intégrer à ce parcours, elle en propose un nouveau, à son échelle. Avec ses dimensions impressionnantes et défiant tous les a priori techniques, sa géométrie pure et son langage moderne, la CSI incarne tout ce que la politique des années 1980 désirait pour le parc de La Villette : un visage moderne, puissant, mixte. Elle se tient dans la continuité du Centre Beaubourg (1977). Dans un rectangle parfait aux excroissances de verre, la CSI est entourée de douves, à l’eau claire et peu profonde. Ces douves furent possible grâce aux démolitions de certaines fondations. Ici, l’eau ne représente pas tellement l’élément naturel sauvage mais bien un matériau structuré, structurant et artificiel. C’est un élément architectural qui permet de refléter l’édifice, de lui offrir une double représentation, et surtout de mettre en valeur les façades, les serres, bijoux d’une innovation ingénieuriale et technique. En effet, ces trois serres, en excroissance du volume principal, ont été l’objet de recherches techniques très poussées avec les ingénieurs Peter Rice et Martin Francis. L’intention première était d’arriver à une transparence pure et cristalline, en utilisant le moins de matière possible. Le “verre agrafé structurel”, auto-portant, permet de garantir une transparence impressionnante sur toute la hauteur du bâtiment (32m de haut) sans imposer au vitrage des portants, des meneaux ou une structure, trop visibles, au détriment de cette transparence. Ces trois points de lumière permettent au parc de s’immiscer visuellement à l’intérieur de la Cité des sciences, intégrant le bâtiment dans l’ensemble paysager et inversement. De plus, elles constituent les premières façades bio-climatique, réinvestissant l'énergie solaire pour chauffer le bâtiment. La structure fait en effet partie intégrante de la conception du musée : elle fut repensée à partir de la structure d’origine des abattoirs, et modifiée à partir des nouveaux usages. Elle est très présente dans l’intériorité de la CSI. L’architecture rationaliste se dévoile et s’apprécie sans aucun revêtement : l’élégance réside dans les détails techniques et la précision de la structure. Cette technicité se retrouve particulièrement dans le hall : éclairé par deux coupoles originellement rotatives, le hall fait figure d’annonciateur de l’ambiance générale du musée. Il est le trait d’union entre le parc et le musée. Espace intérieur vaste et immense, dévoile les fonctions du bâtiment : on voit les escaliers se croiser, la structure franchir ce vide impressionnant, les planchers s’avancer. Le hall est à l’échelle du bâtiment, l’introduit et fait partie de sa façade. La technicité se retrouve aussi dans la conception et la construction de la Géode. Abritant la salle de spectacle et le cinéma et incarnant le rêve utopique de beaucoup de desseins architecturaux, la géode est une sphère parfaite, de 17 mètres de diamètre, mise au premier plan de ce tableau rationaliste de la Cité des sciences. Sa rondeur contraste avec la linéarité du bâtiment principal (270 mètres de long), et l’utilise comme un écran de projection. Constituée d’une structure géodésique en acier inoxydable, poli miroir, elle scintille et reflète le ciel, l’eau et le parc. Un système d’auto-nettoyage utilisant l’eau de pluie assure sa brillante et sa pérennité. La Géode est la véritable vitrine de la CSI : elle renvoie son image, l’idéalise, la fait briller. Selon le ciel et la luminosité, elle peut ressembler à l’image de l’univers, les nuages faisant office de continents, et son revêtement d’une mer argentée. Reliée au bâtiment principal par des passerelles, elle fait figure d’objet singulier, audacieux, sublime : elle est l’élément unique qui présente le projet comme un tout magnifique, jouant avec la lumière et le parc, créant une osmose tangible, créant une ville dans la ville.
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Architecture contemporaine remarquable, Sciences et techniques
Accès
Métro Ligne 7, station Porte de la Villette. Paris périphérique nord, sortie Porte de la Villette Parc-autos payant, entrée quai de la Charente et boulevard Macdonald Gare des cars en accès payant (dépose gratuite durant 30 minutes) Entrée par le Boulevard Macdonald uniquement. Renseignements et réservations : 01 40 05 70 90 Attention ! En raison des travaux, la sortie côté boulevard Macdonald conduit uniquement à la Porte de Pantin. Pour rejoindre la Porte de la Villette emprunter la sortie Quai de la Charente. Autobus Lignes : 139, 150, 152, PC2 et PC3, station "Porte de la Villette" En raison des travaux : - L’arrêt Porte de la Villette (anciennement situé boulevard Macdonald) est déplacé Avenue de la porte de la Villette - La ligne de bus PC2 est déviée par le boulevard périphérique de la Porte de Pantin vers la Porte de la Villette. - La ligne de bus PC3 est coupée entre la Porte des Lilas et la Porte de la Villette

Cité des sciences et de l’industrie - Breton Mangold