Pour les journées du patrimoine, les propriétaires du château ont accepté d'ouvrir leur parc le dimanche 17/09 de 14:00 à 17:00 puis la visite guidée de l'église vous est proposée
Le château: Le château a été construit vers 1 560 par l’architecte D. Bachelier. Son commanditaire serait Pierre Delpuech, Capitoul en 1 554 et riche marchand ayant bâti sa fortune sur le commerce du pastel. On perçoit d’emblée le caractère défensif de cette bâtisse-forteresse austère et massive par la hauteur impressionnante de ses murs Rompant l’uniformité de la façade nord, une petite échauguette accroche le regard ; d’après le propriétaire un lieu d’aisance percé d’un simple trou. Pour affaiblir la puissance des seigneurs locaux, les tours ont été découronnées, suite au décret royal de 1626, et ce n’est qu’au XXe siècle que 3 d’entre elles ont été surélevées. A l’origine un haut mur percé d’un large portail isolait la cour de l’extérieur pour la protéger des projectiles des assaillants. Il fut abaissé au 18e pour laisser pénétrer la lumière dans cet espace clos qui comporte 5 grandes arcades soutenant à l’étage le promenoir ; une galerie au très beau plafond peint du 17e, réservée aux réceptions conduisait à la chapelle. A l’entrée subsiste un beau moulin à vent, remarquable par ses 2 escaliers tournants extérieurs, témoignant de l’existence de deux coupes de meules. L’ensemble incluait un pigeonnier seigneurial qui a été restauré.
Le château est inscrit aux Monuments historiques depuis 1990 [dû à son plafond, ndlr]. C’est aujourd’hui une propriété privée, habitée.
L’église: nous accueille par un petit porche avec ses deux arcs en plein cintre appuyés sur un pilier carré, aujourd’hui couvert d’une terrasse.
La belle façade ouest est faite en foraines et quelques moellons. Le portail central, en plein cintre, est flanqué de deux énormes contreforts dont seul est visible celui du sud. Au-dessus du porche, un occulus est percé dans cette façade.
L’élégant clocher se compose de trois étages. C’est un pignon à cinq baies simples en plein cintre, deux à deux aux étages inférieurs, marqué par un bandeau. De chaque côté de la base du clocher ont été bâtis deux rampants adventices. Le mur ouest du bas côté renferme une niche abritant une statue de Notre-Dame de Lourdes.
Le bas-côté sud présente une fenêtre en arc brisé chanfreiné, éclairant les fonds baptismaux. De chaque côté de cette fenêtre, deux pierres de gonds en calcaire blanc chanfreinées révèlent qu’une porte plus large a été occultée.
Un redan vertical visible après la porte du cimetière fait mémoire sur ce mur sud d’un ancien angle de ce porche. La construction qui le suit aujourd’hui n’est pas alignée et ses matériaux sont différents: d’une fabrication en foraines, nous passons à un dispositif de moellons et galets noyés dans le mortier entre des arases de foraines. Ces détails montrent que ce dernier mur est postérieur à celui de l’ancien porche, constat renforcé par la forme rectangulaire des deux fenêtres à linteau de bois de la chapelle sud.
Un chevet pentagonal est animé de quatre fenêtres en plein cintre. Une plaque porte l’inscription gravée : « fait par Bacou et Garaud l’an 1829. Dubac Ant ». Une différence d’épaisseur du mur indique en effet que sa partie supérieure en retrait d’environ 30 cm a été reconstruite.
La plus grande cloche a un diamètre de 86 cm et est datée de 1879. Les deux cloches du premier étage sont des « Demoiselles de Louison », dessinées et réalisées par Jean-Louis Louison (1803-1866), célèbre fondeur toulousain du XIXe, et appelées ainsi de part leur allure.
Leur particularité, c’est leur axe de rotation cintré et surbaissé, surmonté d’une boule de contrepoids, qui permet de sonner la spectaculaire « volée tournante».
Au second étage, la plus ancienne est située au nord et date de 1589. Elle est classée monument historique depuis le 30 décembre 1914.
En ce qui concerne l'intérieur, la nef présente trois travées. Elle est couverte d’une fausse voûte assez base de latis platré sur croisées d’ogives. Les murs latéraux ont été percés de quatre ouvertures en arc brisé ouvrant sur les bas-côtés. Ces ouvertures sont imparfaitement symétri-ques du côté nord produisant une curieuse impression car le côté nord n’est pas parallèle à côté sud.
Le chœur est imperceptiblement décalé vers le sud par rapport à la nef. Il est lui aussi recouvert d’une fausse voûte en croisées d’ogives nervurées retombant comme dans la nef sur des culots.
L’alignement des lustres montrent le décalage du chœur vers le sud.
Deux simples bénitiers en pierre sont encastrés du chaque côté du portail actuel. L’un est petit et usé, l’autre plus grand parait être celui qui fut ajouté lors du percement du portail actuel.
Les fonts baptismaux occupent au sud l’ancien porche. Ils sont équipés d’une vasque en calcaire blanc du XVIII siècle ornée de godrons . Un vitrail de 1876 signé Gesta éclaire l’aile dans une baie en plein cintre. Il représente le baptême du Christ par Jean. Il y a aussi une statue de Jean Baptiste, mais la toile représentant le Baptême du Christ a été transféré dans le collatéral contiguë. A l’emplacement de cette fenêtre l’ancienne porte permettait l’entrée dans le porche.
Le collatéral sud qui suit, abrite deux chapelles, l’une orientée, est dédiée au Christ Sacré-Cœur, l’autre dont l’autel s’adosse au mur sud, à la Pietà. Une statue du Sacré-Cœur trône au-dessus de l’autel du XIXème siècle en marbre blanc est complété par un petit retable de gypserie à deux colonnes corinthiennes. Les murs et le plafond plat sont peints en rose fané constellé de fleurs de lys (le lys est symbole de la pureté, notamment chez la Vierge et saint Joseph).
Au mur sud, un autel à la mater Dolorosa fait doublon avec celui de la Sainte Vierge qui est situé dans l’aile nord.
Le bas-côté nord est sous l’invocation de la Vierge Eve nouvelle.
C’est par Eve et Adam que le péché s’est introduit dans l’humanité et que l’homme a été écarté du Paradis. Eve a dit oui au serpent (le mal), Marie a dit oui à l’ange Gabriel qui lui annonçait qu’elle serait la mère du Sauveur de l’humanité. Le Christ est venu réparer la faute originelle, on l’appelle aussi le Nouvel Adam, Marie qui permet que cela arrive est appelée Eve nouvelle.
Cette représentation de Marie est inspirée de la vision de Saint Jean dans le livre de l’Apocalypse au chapitre XII : une femme dans le ciel, la lune sous ses pieds.
Son retable en gypserie est agrémenté de deux ailerons de part et d’autre d’une niche centrale date de la fin du XIXème siècle. Son tombeau est accosté de deux accolades sculptées.
L’autel, posé sur du kaolin de Mansou, est en marbre de Carrare qui est l’un des plus blancs et des plus purs au monde, extrait de la montagne à Fantiscritti, dans les Alpes italiennes. C’est un matériau noble qui a plus de valeur que tout autre marbre. Le marbre de Carrare est le plus célèbre et le plus cher des marbres du monde.
La pierre brune qui décore le support et les deux petites colonnes sont en onyx probablement d’Iran.
Le chœur imperceptiblement décalé vers le sud par rapport à la nef, est lui aussi recouvert d’une fausse voûte en croisées d’ogives nervurées retombant comme dans la nef sur des culots (voir aussi le plan en annexe).
Un appui de communion en fer battu et bronze d’époque Restauration, de forme semi-circulaire est scellé sur un seul degré. Celui-ci, en pierre blanche a été taillé dans une dalle sépulcrale dont l’épitaphe est à demi effacée.
Aux quatre pans latéraux les vitraux représentent, de gauche à droite, Saint Henry, Saint Pierre (avec les clés du paradis), Saint Jacques le majeur et Saint Martin (évèque). Ils datent tous du XIXème siècle.
Pour information, saint Henri II, Empereur germanique (✝ 1024) était le fils du duc de Bavière et, en raison de la mort prématurée de son parent Otton III, il fut couronné empereur germanique. Comme tel, il régna sur l'Allemagne, l'Autriche, la Suisse, les Pays-Bas et l'Italie du Nord. Il épousa sainte Cunégonde de Luxembourg. Elle ne pouvait avoir d'enfants. Henri refusa de la répudier, fait inouï à cette époque et dans une société où la stérilité, surtout dans la noblesse, était une cause ordinaire de répudiation.
Une large iconographie est visible.