L'église de Saint-Eble se distingue particulièrement par son clocher à flèche octogonale en brèche de Saint-Roch. Chapelle des seigneurs du Cluzel. Reliquaire inscrit. Vitraux restaurés cette année.
Mazeyrat d'Allier, née de la fusion des communes de Saint-Eble et Reilhac avec Mazeyrat Crispinhac, bénéficie du rare privilège de posséder trois églises et une chapelle, toutes encore utilisées pour le culte. Trois églises extrêmement différentes et riches d'histoire que l'EPISERM (Association d'étude du patrimoine et de l'identité de Saint-Eble, Reilhac, Mazeyrat d'Allier) s'attache à faire découvrir à l'occasion de visites, commentées gratuitement par des membres de l'association.
Outre leur intérêt architectural, ces trois édifices permettent de retracer l'histoire des influences religieuses dans la région puisque Reilhac reste le témoignage de l’un des plus anciens prieurés ruraux dépendant à la fois de Cluny et des Mercœur, alors que Mazeyrat jouait un rôle stratégique dans le dispositif des prieurés casadéens (de La Chaise-Dieu) et que la très ancienne église de Saint-Eble était également d'influence clunisienne, puisque le prieur de Sainte-Croix-la-Volte (Lavoûte-Chilhac) présentait à la cure. Toutes ces églises ont été, bien sûr, profondément remaniées.
Saint-Eble: l'église des seigneurs du Cluzel
L'église de Saint-Eble se distingue particulièrement par son clocher et sa flèche octogonale en brèche de Saint-Roch. Il n'existe en Brivadois que deux autres clochers s'apparentant par leur forme à celui de Saint-Eble: celui de Lavaudieu et celui de Saint-Cirgues. Les habitants de Saint-Eble s'en sont donc directement inspirés puisque leur clocher, qui a succédé à un clocher en peigne (détruit par la foudre en 1730), n'a été construit qu'en 1840.
L'église de Saint Eble a été profondément remaniée tout au long du XIXe siècle. Seule la nef semble d'origine, c'est-à-dire du XIe siècle. La paroisse est connue dès le IXe siècle, époque à laquelle les revenus des domaines de Chamalières et de Cizières, sont donnés pour la reconstruction de l'église Saint-Julien de Brioude. Il faut cependant attendre 1214 pour trouver mention de l'église de Saint-Eble dans les textes.
Cette église sera celle des seigneurs de Saint-Eble et du Cluzel, (comme en atteste la clef de voûte de la chapelle seigneuriale aux armes des Guilhem), bien avant d'être celle des Bouillé. Nombre de seigneurs y trouveront leur dernière demeure. L'édifice est alors beaucoup moins vaste que l'église actuelle, largement agrandie au XIXe siècle. La toiture est refaite en 1805, les cloches refondues en 1820. En 1840, il est décidé de leur donner un nouveau clocher. En 1847, le curé bénéficie d'un nouveau presbytère, après le déménagement du cimetière. Enfin, en 1875, la dimension de l'édifice est doublée. C'est alors que sont ajoutées deux chapelles, que le chœur est entièrement reconstruit et redécoré, paré de nouveaux vitraux, que la sacristie et le bureau du curé sont édifiés.