Église de Saint-Prest
76 rue de la République, 28300 Saint-Prest
Eure-et-Loir
Centre-Val de Loire
Avant l’an 528, le village de Saint-Prest se nommait Saint-Jean-sur-Eure. A cette époque, l’évêque de Chartres, Éthéré, fit construire un édifice accolé au flanc sud de l’église paroissiale comportant un « martyrium », pour y recevoir les restes de saints martyrs (légende de Saint-Prest) qu’on déposa dans dix sarcophages.
Les reliques les plus honorées étaient celles d’un certain Priscus ; à la suite de nombreux miracles, la paroisse prit le nom de Saint-Prest.
L’église actuelle a pour crypte l’abside de l’église carolingienne du IXᵉ siècle, celle-ci ayant succédé à un sanctuaire du VIᵉ.
Accès à la nef du XIIᵉ, côté ouest, par un joli portail roman, taillé dans une belle pierre calcaire, surmonté d’une triple archivolte à dents de scie et encadré par deux colonnettes à chapiteau. A droite, un visage serait celui d’Eve, et à gauche apparaîtrait le serpent tentateur.
L’église mesure 39 m sur 9,80 m, elle est éclairée par 18 fenêtres en style roman de transition.
Les vitraux sont l’œuvre de Charles Lorin, maître-verrier à Chartres, de la fin du XIXᵉ.
Dès l’entrée, le visiteur est saisi par l’unité et la chaleur données par les boiseries Louis XVI qui garnissent la partie basse des murs, surmontées par les lambris de sapin verni posés en partie haute pour masquer les méfaits du salpêtre.
La charpente de châtaignier est supportée par dix entraits, dont les six premiers finissent en monstres marins.
Le chœur date du XIIIᵉ.
Le maître-autel, de style baroque à l'époque de Louis XIII (XVIIᵉ), est encastré dans un retable à colonnes cannelées, aux motifs évoquant la vigne.
Une huile sur toile réversible avec des fleurs et une croix de Malte sert d’antépendium (fin XVIIIᵉ). Il fut inscrit à l’inventaire des Monuments historiques le 1 décembre 2006 et restauré par décision du Conseil municipal du 22 février 2008.
Un vieux meuble, attribué à l’époque de Louis XII, sert maintenant d’autel pour les offices.
La chaire (1883), le banc-d’œuvre (1887) et le tambour (1890) ainsi que la porte (1893) sortent des ateliers de M. Malenfant, de Charonville. Sur les panneaux de l’escalier de la chaire, sont sculptés les lettres S P entrelacées, et les armoiries du pape Léon XIII ; sur la cuve, les attributs des quatre évangélistes ; sur le dossier, la statue du Christ enseignant ; enfin, à l’abat-voix, une colombe symbolise l’Esprit-Saint ; au dessus, un ange sonne de la trompette.
Dans le tympan du fronton du tambour, domine en souveraine la statue de Notre-Dame de Sous-Terre.
Le chemin de croix est dû à M. Marcille, de Oisème.
Sur le flanc nord, la sacristie forme la base du clocher.
Elle semble être du XIVᵉ, avec ses trois grandes fenêtres ogivales géminées.
Jolies statues de sainte Marguerite et saint Jean.
La cloche (1531), une des plus anciennes d’Eure-et-Loir, fêlée depuis la Révolution, a retrouvé sa voix grâce à un marteau qui vient la frapper sans risque de compromettre l’équilibre du clocher fragilisé.
Dans le tympan du fronton du tambour, domine en souveraine la statue de Notre-Dame de Sous-Terre.
Dans l’église est précieusement protégé, le bâton de la Saint-Vincent de la confrérie du même nom qui aurait été constituée en 1774 à Saint-Prest.
La chapelle des Saints-Corps
La chapelle fut construite au XIIIᵉ siècle, pour permettre aux fidèles d’approcher aisément les tombeaux. Peu à peu mutilés, brisés, ceux-ci disparurent, excepté celui de Saint-Prest, dans lequel, en 1664, on rassembla tous les ossements. On rehaussa alors le pavage d’environ 60 cm. En 1679, le chanoine Hoyau fit mettre les reliques dans deux châsses en bois peint. Sur celle de saint Prest, sont peints les douze apôtres, saint Jean-Baptiste et un évêque.
La chapelle était alors séparée de l’église par un mur, elle était en contre-bas de l’église, d’environ 1,90 m. En 1841, le mur fut abattu et la chapelle comblée jusqu’au niveau de la nef.
Sur le mur de gauche, on peut admirer une Vierge à l’Enfant en pierre du XIVᵉ. En face, un saint Jean-Baptiste en bois polychrome du XVIᵉ. Les trois fenêtres montrent des vitraux de Charles Lorin, représentant le martyr des compagnons de saint Prest, la décollation de saint Prest et la translation des reliques.
Des polychromies ont été découvertes en 2018. Leur datation permet de conclure à l’existence de 4 périodes décoratives : le XIIIᵉ et le XIVᵉ siècles, le XVᵉ ou XVIᵉ siècle pour la représentation du soldat ci-contre et le XVIIIᵉ pour une litre armoriée (restauration en 2019).

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