Chapelle Saint-Adrien
1-2 chemin de la chapelle, 76240 Belbeuf
Accrochée au rocher qui la surplombe et se confondant avec lui, mais dotée d'une vue panoramique imprenable, la chapelle de Saint Adrien a connu, au cours des siècles passés, une affluence extraordinaire. Des pèlerins venant de fort loin demander la protection du saint contre la peste, des mariniers espérant une aide providentielle dans les tempêtes, et aussi des filles à marier assurées de trouver un époux dans l'année. Selon la légende, deux ermites, Onumphe et Pancrace, plantant une épingle dans leur propre chair, aidèrent par ce moyen douloureux une jeune fille à se marier. Ils connurent dans toute la région une grande popularité. C'est en 1557, semble-t-il, qu'une chapelle trouva place dans la caverne des ermites, et qu'un prieuré fut édifié. Il ne reste rien du prieuré, ni de la chapelle primitive.
La chapelle actuelle fut construite au début du XVIIIe siècle. Elle a connu au cours du temps de nombreux et pittoresques avatars. Rivalité entre le chapelain de Saint Adrien et le curé de Saint Crespin du Becquet dont l'église, aujourd'hui disparue, surplombait la rive gauche du ruisseau du Becquet séparant les deux paroisses (la commune de Saint Crespin du Becquet fut absorbée par la commune de Belbeuf en 1814)..
Située à une vingtaine de mètres au-dessus de la route, seule une voie piétonne permet d'y accéder. Elle est pour partie troglodytique, pour partie couverte en chaume. Un petit clocher recouvert d'essentes de châtaignier surplombe l'entrée. À l'intérieur, sur la droite, on trouve : le maître-autel baroque, l'autel de la Vierge et l'autel du Christ. Quelques statues peintes animent la roche : Saint Adrien, Saint Roch, Saint Sébastien, Saint Nicolas, Sainte Luce, Sainte Thérèse. Entre Saint Adrien et Saint Roch trône une statuette de Saint Bonaventure, dont les filles à marier doivent piquer le pied pour trouver un époux dans l'année. Afin d'éviter une lente destruction du saint sous l'effet de ces piqûres, on l'a placé sous une cloche ! Les épingles sont maintenant enfoncées dans un coussin ou accrochées à des rubans. Incrusté dans la voûte, on peut voir le "bras" de Saint Adrien, formé de rognons de silex. Le mobilier est réduit à quelques bancs. Depuis 1991, de superbes vitraux contemporains éclairent la chapelle.
Dans les années 1970, la chapelle est en bien mauvais état, personne ne s'en préoccupe, elle tombe en ruines et menace de disparaître à jamais du paysage, si particulier, des roches de Belbeuf Saint Adrien. Heureusement, deux habitants de la commune, Marcel Desbled et Claude Chéron, portent beaucoup d'intérêt à l'histoire de Saint Adrien et de sa chapelle. En 1980, l'association des Amis de la chapelle de Saint Adrien est née, Marcel Desbled en est le premier président, en 1990 il passera la main à son ami Claude Chéron. Pour restaurer l'édifice, des fonds sont nécessaires, une exposition de cartes postales, extraites de la collection de Marcel Desbled, est organisée. Ces documents montrent Saint Adrien au début du 20e siècle, lieu de promenade très prisé des Rouennais. Ce hameau connaissait alors une activité débordante faisant vivre un nombre important de cafés, restaurants et guinguettes. C'est à ce moment que nos deux compères ont une idée de génie. Ils connaissent Albert Barube, artiste peintre. Et si l'on organisait une exposition de peinture dont les bénéfices iraient à la restauration de la chapelle ? Albert Barube adhère avec enthousiasme au projet, il contacte ses amis peintres Marcel Cavelier, Jean Marc, Thérèse Delacroix et Emmanuel Lemardele qui, avec beaucoup de spontanéité et de gentillesse, acceptent d'apporter leur concours. Aujourd'hui, plus de 40 ans après, ces artistes constituent toujours l'ossature des expositions.
Au fil des ans, le succès de l'exposition grandit, petit à petit la vénérable chapelle retrouve son lustre d'antan, sa toiture se couvre de la blondeur du chaume, son antique poutraison est renforcée, son clocher coiffé d'essentes de châtaignier neuves peut dominer fièrement la Seine. Un ravalement nous permet de découvrir sous le vilain crépi gris un magnifique colombage et enfin de somptueux vitraux sont réalisés par les artistes. Début septembre 1999, les coteaux au-dessus de la chapelle sont emmaillotés par un discret mais efficace châle d'acier, protégeant la chapelle des nombreuses chutes de pierres.
Accès
Parking à proximité.

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