Salle 0.030 - Bâtiment de recherche Sud, 5 Cour des Humanités, 93300 Aubervilliers
La conquête de l’eau et la marche vers une plus grande salubrité urbaine dans la cité touristique de Pau au XIXe siècle
CASSOU Thierry - Docteur en histoire contemporaine de l'UPPPA (ITEM UR 3002), IA-IPR Histoire-géographie-EMC, Rectorat de l'académie de Toulouse, Membre de la Société des sciences, lettres et arts de Pau et du Béarn, Membre de la Société française d'histoire urbaine
Dès 1830, Pau devient une cité touristique au point de devenir l’égale des villes d'eau européennes. Malgré un discours de façade où ce statut oblige les élus, la conquête de l’eau ne vient qu’en 1861, moment où sont construits un réseau de canalisations souterraines et un réservoir enterré, alimentés par la rivière Néez. Jusque-là, ils étudient des projets d'adduction, sans parvenir à un choix. Dans cette histoire, les circulations d'informations techniques sont déterminantes, tout comme la doctrine hygiéniste. Une fois les travaux effectués, une politique municipale fixe le cadre règlementaire : les accès individuels sont payants et financent le renouvellement des équipements collectifs (fontaines, bornes-fontaines, lavoirs). Cette conquête a des impacts sur la vie quotidienne des habitants : de nouvelles approches sont investies pour l’hygiène des rues ; un réseau d’égouts est construit. Cette transformation urbaine ouvre donc un nouveau chapitre dans l’histoire de la salubrité.
Sous le signe de Neptune : ambitions de contrôle des eaux dans les villes de l’Europe transalpine moderne
MARTINO Davide - Chercheur postdoctorant, Boursier Wiener-Anspach Centres de recherche SociAMM & MMC, Faculté de Philosophie & Sciences sociales, Université Libre de Bruxelles (ULB), European Society for the History of Science (ESHS), Society of Architectural Historians of Great Britain (SAHGB), Vereinigung der Kunsthistoriker:Innen in der Schweiz (VKKS), European Society for Environmental History (ESEH), Renaissance Society of America (RSA)
S'inspirant de l'Énéide de Virgile, humanistes et artistes ont longtemps vu dans le geste de Neptune apaisant les vagues l'expression ultime du contrôle (masculin) sur la nature (féminine). Au XVIe siècle, ceci se traduisit par une véritable « Neptunomanie ». Cette communication vise à montrer que les origines de cet engouement ne se trouvent pas, comme on le croit généralement, à Messine et à Gênes, mais plutôt à Augsbourg. Les souverains modernes n'avaient cependant pas les pouvoirs divins de Neptune, comme peut nous le rappeler l’histoire oubliée du fosso navigabile. Pensée pour contourner l'Arno, cette voie navigable fut creusée à l'ouest de Florence dans les années 1560. Bien que brièvement ouverte à la circulation au début des années 1570, elle tomba en désuétude si rapidement que sa véritable nature a depuis été oubliée, tant par les Florentin.e.s que par les chercheur.e.s. La maîtrise des eaux représentée par Neptune fut donc souvent une ambition plus qu’une réalité.
Deux millénaires de gestion de la ressource en eau dans la ville de Tyr (Liban Sud)
BROCARD Gilles - Université Lyon II – MOM-Archéorient
CAVERO Julien - MOM
FERREIRA Patrick - Inrap
PONS-BRANCHU Edwige - Université de Versailles Sant-Quentin-en-Yvelines – Laboratoire LSCE
ROLLIER Gilles - Ingénieur de recherche émérite à l’Inrap, responsable de l’équipe Inrap du projet AquaTyr (ANR-21-CE27-0032).
YON Jean-Baptiste Yon - CNRS – MOM-Hisoma
Depuis 2021, le projet AquaTyr (ANR-21-CE27-0032) vise à documenter la collecte et la distribution de l'eau dans la ville de Tyr (Liban) de l’âge du Fer à la période médiévale. Le site était une île jusqu’en 332 av. J.-C. au moment de la construction de la chaussée d’Alexandre le Grand qui le relie au continent. Un aqueduc y est construit à la fin du Ier siècle av. J.-C. À cette période péninsulaire succède une phase pseudo-insulaire provoquée par la destruction de l'aqueduc à la fin du XIIe siècle. À ces trois temps correspondent des origines et des usages différents de l’eau, que les recherches multidisciplinaires associant inventaire archéologique systématique des structures hydrauliques et analyse isotopique des concrétions carbonatées viennent aujourd’hui préciser. En parallèle des carottages géologiques ont mis en évidence la structure géologique de la péninsule et la présence d’un aquifère accessible à quelques mètres sous la surface.
Mille ans d’histoire hydropolitique à Montpellier
RUF Thierry - Directeur de recherche émérite à l’IRD, vice-président du Conseil d’administration de la régie des eaux de Montpellier, Conseil scientifique du Parc Naturel Régional des Monts d’Ardèche
Fondé au Xe siècle en retrait de la plaine humide de Maugio, Montpellier est aménagée sur deux collines qui la protègent des inondations d’automne. Mais en été,,la ville manque d’eau, comme sa périphérie formée d’innombrables jardins qui ont besoin d’arroser. Dès lors, les Montpelliérains accèdent à l’eau domestique par le biais de puits profonds de la nappe de l’Astien. De leur côté, avec des norias, les jardiniers relèvent l’eau des nappes d’accompagnement des cours d’eau et ruisseaux. Jusqu’au XVIIIe siècle, ces apports sont limités. Cette communication porte sur les différents temps de l’eau dans la ville, avec une succession de propositions de recours à des eaux extraterritoriales, la source karstique du Lez, les forages profonds dans la nappe karstique et d’autres aquifères, et, les eaux du Rhône. La gestion de l’eau est devenue au milieu du XXe siècle un enjeu politique majeur qui aboutit à une hydropolitique des communes adhérentes ou opposantes aux différents réseaux historiques.
« Sedan, ville de guerre, au midi touche Meuse » : une profonde connexion urbano-fluviale
BEHR Aurélien - Docteur en histoire moderne de l’Université de Lorraine, professeur certifié d’histoire-géographie-EMC à Bogny-sur-Meuse (08120), Vice-président de la Société d’Histoire et d’Archéologie du Sedanais (08200 Sedan)
Située sur la rive droite de la Meuse, la ville de Sedan se développe à la faveur d’une position géographique d’entre-deux au-delà du fleuve. Les La Marck, seigneurs de Sedan à compter de 1424, s’appuient sur son cours pour construire patiemment une seigneurie souveraine. Les fruits du péage qu’ils y installent alimentent largement leur trésor, en même temps qu’ils témoignent du rôle éminent que joue cette voie de communication fluviale vitale aux importations et exportations princières. Par ailleurs, depuis ses origines, la Meuse fait partie prenante du système défensif de la « meilleure place d’Europe » telle que la qualifie Louis XIV. En outre, le fleuve permet le développement de nombreuses activités économiques parmi lesquelles la draperie qui fait la réputation de la ville. L’importance de la Meuse explique par ailleurs qu’elle fasse l’objet de toutes les attentions quant aux différents usages qu’en font alors les populations.