Une source peu connue, les archives des syndicats de marais en Aunis, XVIe-XXe siècle
EVEN Pascal - Conservateur général honoraire du patrimoine, Fédération des sociétés savantes de la Charente-Maritime, Académie des belles-lettres, sciences et arts de La Rochelle, Société des archives historiques de la Saintonge et de l’Aunis, Société d’archéologie et d’histoire de l’Aunis, Académie de Saintonge, Académie des sciences d’Outre-Mer, Membre émérite du CTHS, section Histoire du monde moderne, de la Révolution française et des révolutions
L’Aunis compte de vastes zones de marais, du marais poitevin au nord au marais de Rochefort au sud, des zones humides qui ont fait l’objet depuis le Moyen Âge de travaux permanents de desséchement. Une gestion attentive nécessite l’entretien régulier des canaux afin de drainer les terres, éviter les submersions, assurer l’exploitation des marais et de permettre l’exploitation des nouvelles terres conquises sur la mer. Les archives des syndicats de marais qui remontent pour les plus anciennes au XVIe siècle, ont fait l’objet de versements relativement récents aux Archives départementales. Elles permettent d’approcher le fonctionnement de ces syndicats, le rôle des investisseurs, leur stratégie sans parler naturellement des techniques hydrauliques propres à l’entretien des marais. Ce sont ces sources encore peu exploitées que la présente intervention souhaite faire découvrir.
L’évolution des parcellaires et la gestion de l’eau sur le plateau de Sénart : de la Protohistoire à l’époque moderne
BROUTIN Pierre - Responsable scientifique et d’opération INRAP CIF, Institut National de Recherches Archéologiques Préventives (INRAP), UMR 7041 ArScan Archéologie Environnementales
Cette communication analyse l’évolution des parcellaires et des réseaux hydrauliques du plateau de Sénart (Seine-et-Marne) de la Protohistoire à l’époque moderne à partir de données archéologiques, archéogéographiques, paléoenvironnementales et archivistiques. Les fouilles révèlent dès le second âge du Fer des trames de fossés planifiées pour drainer, irriguer et structurer les terroirs, parfois dotées d’une fonction symbolique. L’Antiquité et le Moyen Âge assurent leur rationalisation et leur continuité morphologique, intégrant les héritages protohistoriques dans de nouveaux cadres fonciers et productifs. À l’époque moderne, la recomposition autour de grandes exploitations, telle la ferme de Varâtre, illustre la résilience de ces infrastructures. Fossés et mares apparaissent ainsi comme de véritables systèmes hydrauliques inscrits dans la longue durée, témoins d’une mémoire paysagère et technique qui façonne encore l’organisation du territoire.
Franchir la rivière au XIXe siècle : La difficile appropriation des passages d’eau par l’Etat dans le cours moyen de la Vienne.
TALEC Hervé-Nicolas - Doctorant au laboratoire CRIHAM, Université de Limoges sous la direction de Soazig Villerbu, Réseau Universitaire de Chercheurs en Histoire Environnementale, Société archéologique et historique du Limousin, Rencontre des Historiens du Limousin
Cette communication est proposée dans le cadre d’une recherche plus large qui vise à montrer que les franchissements des rivières évoluent au XIXe s. entraînant un éloignement des habitants vis-à-vis des cours d’eau. L’appropriation des passages (les bacs) par l’Etat dans les cours d’eau moyens de la Vienne et de ses affluents est spécifique par rapport aux autres rivières de France, elle y est plus lente. L’évolution de la législation à la Révolution permet à l’Etat de prendre possession des bacs mais dans le bassin de la Vienne il échoue plusieurs fois à le faire. Cette difficulté s’explique par des résistances variées : failles législatives, justice civile qui contre l’Administration... En 1839, l’Etat s’affirme enfin et prend possession de tous les passages en Haute-Vienne, le contexte change. Cette appropriation qui a pour conséquence une uniformisation de la gestion des bacs (adjudication systématique, tarifs contrôlés...) est cependant éphémère car la grande majorité des bacs ferme avant les années 1860 et qu’en parallèle l’Etat favorise d’autres manières de franchir la rivière.
La Loire au XVIIe et au XVIIIe siècle : un milieu anthropisé
GODELAINE Florent - Docteur en histoire & médiateur du patrimoine, Chercheur associé Université Lyon II Lumière UMR 5190
Le XVIIe siècle est l’âge d’or de la maturation et de la concrétisation des projets fluviaux et des aménagements des zones humides. L’Etat interroge, diagnostique, réalise et soutient des projets. Le XVIIIe siècle est l’apogée de la construction du domaine public fluvial. En 200 ans, comment se constitue-t-il en val de Loire ? Quels en sont les impacts sur les exploitants du fleuve ?
Dans cette réalité, s’adapter devient le maitre mot. Les exploitants du fleuve doivent harmoniser le milieu fluvial à leur usage. Il s’agit de le partager. Charpentiers en bateaux, voituriers par eau s’imbriquent étroitement afin de satisfaire l’essence même de leur métier : assurer le fret ou permettre à ceux chargés de l’effectuer, d’y parvenir. Les charpentiers créent et/ou restaurent le capital nécessaire aux navigants. Quelles relations unissent les commanditaires et les experts ?
Cartographier les eaux souterraines en France au 19ème siècle
MENAPACE Luc - Conservateur des bibliothèques, chargé de collections en biologie et paléontologie, Bibliothèque nationale de France
Au 19ème siècle, la connaissance et l’usage des eaux souterraines croissent considérablement grâce aux progrès de la science, de l’hygiène ou de l’industrie. Elles s’appuient sur une cartographie dressée par des géologues, des karstologues, ingénieurs des mines, etc. Ces données permettent le creusement de puits artésiens à Paris après description du phénomène dans le Nord de la France. La disponibilité et la qualité des eaux constituent des enjeux économiques et sanitaires pour le développement de l’agriculture et de l’industrie, et la lutte contre les pandémies et pollutions. Les acteurs publics s’emparent de la question comme le prouvent tant leurs documents de travail que les cartes qu’ils publient. Egouts, aqueducs ou drains participent à l’aménagement du territoire qui s’appuie sur l’outil cartographique. Les équipements créés durant ce siècle sont encore en usage aujourd’hui, comme ceux mis en place par Belgrand pour Paris.