En dialogue avec la rétrospective Fernand Léger. Le Beau est partout au Centre Pompidou Metz. L'association La Premiere Rue présente Le Corbusier et Léger. Visions polychromes,
En dialogue avec la rétrospective Fernand Léger. Le Beau est partout au Centre Pompidou-Metz, l’exposition Le Corbusier et Léger. Visions polychromes, présentée à la Cité radieuse de Briey, invite à redécouvrir le bâtiment iconique de Le Corbusier situé à 40 minutes de Metz. L’exposition, conçue en partenariat avec l’association La Première Rue et le Val de Briey, relie la pensée de l’architecte à celle du peintre, révélant leur longue amitié marquée par une célébration commune de la couleur.
Léger et Le Corbusier se rencontrent au café de La Rotonde à Montparnasse en 1920, année fondatrice pour la revue de l’Esprit Nouveau, initiée par l’architecte avec le peintre Amédée Ozenfant et ouverte à un large spectre d’intérêts, énumérés en première de couverture : «architecture, peinture, musique, sciences pures et appliquées, esthétique expérimentale, esthétique de l’ingénieur, urbanisme, philosophie, sociologie économique, sciences morales et politiques, vie moderne, théâtre, spectacle, sports, faits ». Fernand Léger participe de façon sporadique à la publication ; dans une émission consacrée au peintre, Le Corbusier se souvient de ce moment charnière : « Nous sommes devenus bons amis. De [Charles-Edouard] Jeanneret je suis devenu Le Corbusier et on s’est dit tu. » En 1925, il invite Léger à accrocher une toile dans son Pavillon de l’Esprit Nouveau à l’occasion de l’Exposition internationale des Arts décoratifs. Lors de l’Exposition internationale des arts et techniques modernes en 1937, Léger contribue au Pavillon des Temps Nouveaux de Le Corbusier avec la réalisation d’un photomontage monumental. S’ils ne collaborent qu’à quelques reprises, leurs échanges influencent de manière décisive le rôle qu’ils accordent à la polychromie dans leurs réalisations respectives. Fernand Léger, apprenti dès 16 ans dans un cabinet d’architecture, nourrit un intérêt précoce pour ce domaine. Convaincu de l’interdisciplinarité des arts, il milite en faveur d’une "entente à trois" entre le mur, l’architecte et le peintre. « Comment créer un sentiment d’espace, de rupture des limites ? Tout simplement par la couleur, par des murs de différentes couleurs. (...) La couleur est un puissant moyen d’action, elle peut détruire un mur, elle peut l’orner, elle peut le faire reculer ou avancer, elle crée ce nouvel espace. » affirmait-il. Animé d’un même désir pour la couleur, Le Corbusier estime pour sa part dans son Almanach d’architecture moderne, qu’ « entièrement blanche, la maison serait un pot à crème. »
À travers un riche ensemble de documents d’archives – revues, films, photographies, correspondance, etc. – nombre de leurs projets liant architecture et peinture, parfois méconnus, sont mis en lumière. L’exposition s’ouvre également aux réflexions contemporaines interrogeant la place de l’artiste et de la couleur dans la cité. Le film Dammi i colori, réalisé en 2003 par Anri Sala, entre fortement en résonnance avec les projets polychromes présentés dans l’exposition. Il offre un parcours critique à travers un Tirana multicolore, fruit du désir artistique et politique d’Edi Rama, artiste et ancien maire de la capitale albanaise, « de redonner un sens à la beauté, l’harmonie, au plaisir de vivre ensemble ».
Commissariat Elia Biezunski, chargée de mission auprès de la Directrice au Centre Pompidou-Metz Anne Horvath, chargée de coordination et de recherches au Centre Pompidou-Metz