Arc de Triomphe
Place Charles de Gaulle, 75008 Paris
Une fois après avoir désigné la place de l’Étoile comme lieu d’élévation de l’Arc de triomphe, les architectes Jean-François Thérèse Chalgrin et Jean-Arnaud Raymond ont établi une série de plans. Ils optent notamment pour un arc à ouverture simple, dans la mesure où celui-ci se présenterait aussi comme une porte de la ville.
Ce parti pris architectural fait directement références aux arcs antiques tel que l'Arc de Titus à Rome (85 après J.-C.). Parmi les nombreuses sources d'inspirations des deux architectes, on retient aussi l'Arc de Saint-Denis construit par Blondel ou encore l'Arc de Constantin à Rome (315 après J.-C.) pour l'attique et l'ordre corinthien.
Après la chute de Napoléon et l'arrivée au pouvoir de Louis XVIII, le chantier de l'Arc de triomphe est suspendu. En 1814, l'architecte Bernard Poyet propose de raser les piliers existants. Louis XVIII refuse bien qu'il ne formule aucune volonté de reprendre la construction. Ce chantier commandé par Napoléon ne trouve aucune grâce aux yeux des monarchistes. Bien des propositions seront formulées entre 1814 et 1823, sans qu'une seule ne retienne l'attention du roi.
Le 9 octobre 1823, Louis XVIII institue que l’Arc de triomphe doit être immédiatement terminé mais avec une nouvelle dédicace. Le roi décide, en effet, de célébrer non plus l’armée impériale mais l’Armée des Pyrénées. Commandée par Louis Antoine de Bourbon, Duc d’Angoulême et neveu de Louis XVIII, l’Armée des Pyrénées vient de rétablir le roi d’Espagne (Ferdinand VII) sur son trône. Le royaume de France revendique cette victoire.
Les travaux reprennent progressivement, et Louis-Robert Goust se voit associé à un autre architecte : Jean-Nicolas Huyot. Tous les deux reprennent les plans de Chalgrin et sont chargés de les retravailler en y ajoutant notamment des colonnes en façade. Louis XVIII meurt le 16 septembre 1824, et son frère Charles X lui succède.
Charles X poursuit les travaux du monument selon le souhait de Louis XVIII. En 1825 Huyot est révoqué suite à sa proposition de colonnes en façade, tandis que Goust reste en place. Huyot ne sera réintégré qu'en 1826. Charles X décide que les plans de Chalgrin doivent être respectés. La même année, une commission d'architectes se réunit et définit les ornements à réaliser. On décide que la voûte sera ornée de 21 caissons avec rosaces, que des tableaux en hauts reliefs seront sculptés sur les façades, puis on préconise l'emploi de la pierre de Chérence (Vexin) pour réaliser les sculptures de l'entablement.
En 1828, le monument s'élève jusqu'à l'architrave de l'entablement. Le 29 juillet 1829, une plaque de marbre est installée sur l’un des piédroits. Celle-ci présente la nouvelle dédicace à l'Armée des Pyrénées. En 1830, Goust se retire du chantier laissant Huyot seul. Ce dernier soumet à Charles X un projet d'ornement de la corniche supérieure composé de 36 statues symbolisant les grandes villes de France.
Le 2 août 1830, le peuple français se soulève contre le roi. Plus de 20 000 hommes se regroupent autour chantier de l'Arc de triomphe. Commandée par le Général Pujol, cette armée de patriotes réclame l'abdication de Charles X, ce qu'il signera depuis le château de Rambouillet.
Une nouvelle période politique s'ouvre au lendemain des journées révolutionnaires de juillet 1830, aussi appelées les Trois Glorieuses. Louis-Philippe Ier monte sur le trône et contrairement à ses prédécesseurs, il entend régner dans un esprit de concorde et se présente en tant que roi des Français.
Le chantier de l'Arc de triomphe, qui s'était une nouvelle fois arrêté, ne semble pas prêt de reprendre... La situation semble d'autant plus critique que les crédits financiers ont été dépassés par Huyot. Le 31 juillet 1832, Louis-Philippe nomme Guillaume Abel Blouet, chargé d'achever l'Arc de triomphe avec une nouvelle dédicace aux Armées de la Révolution et de l'Empire.
Le 29 juillet 1836, après 30 années de travaux, l'Arc de triomphe est enfin inauguré. On dévoile alors les listes de noms figurant sur les piédroits. Mais la grande fête qui devait avoir lieu a été annulée par crainte d'attentat contre le roi Louis-Philippe. Seules onze personnes seront présentes, et parmi elles : le président du Conseil des ministres Adolphe Thiers, le ministre des Finances Antoine Maurice Appolinaire Argout, six gardes nationaux, le gardien du monument, et deux visiteurs officiels.
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Monument et Architecture, Lieu de mémoire
Accès
L'accès au monument se réalise en empruntant le Passage du Souvenir , en haut de l'avenue des Champs-Élysées ou de l'avenue de la Grande-Armée.
En voiture
De l’extérieur de Paris : sortie Porte Maillot et avenue de la Grande-Armée ou sortie Porte Dauphine et avenue Foch.
À vélo
Stations de Vélib' rue Arsène Houssaye, avenue Hoche, rue Beaujon, rue Balzac et rue Traktir.
En transports en commun
Lignes métros 1, 2, 6 et RER A, station Charles-de-Gaulle-Étoile.
Lignes bus 22, 30, 31, 52, 73, 92 et Balabus.
Escaliers de 284 marches pour accéder à la terrasse. Un ascenseur est disponible uniquement aux personnes en ayant le besoin, sans nécessité de réserver au préalable.

© Jean-Christophe Ballot / Centre des monuments nationaux