« TEO HERNANDEZ, Fragments dispersés de mémoire et de rêve »

Le Centre Pompidou, en partenariat avec l’Institut culturel du Mexique, présente la première exposition d’envergure consacrée en France au cinéaste mexicain Teo Hernandez.

« Teo Hernandez, Fragments dispersés de mémoire et de rêve » propose un portrait du cinéaste en collectionneur à partir de ses films et de ses archives personnelles. L’exposition réunit un vaste ensemble de documents originaux de l’artiste (textes, photographies, documentation et artefacts divers) en lien avec plusieurs de ses films, des plus emblématiques aux plus confidentiels. Ce corpus de textes et d’images issu de diverses périodes de sa production, s’étend sur trois décennies (1960 à 1990). Il permet de découvrir une œuvre aux multiples facettes où le travail d’écriture et de documentation est indissociable du projet cinématographique. Dans un parcours à la fois chronologique et thématique, l’exposition donne à voir le processus de création du cinéaste dont les thèmes de l’écriture de soi et du métissage sont les fils conducteurs.

Cette exposition représente l’aboutissement d’un projet de recherche mené depuis plusieurs années dans les collections du Musée national d’art moderne. Elle a pu se concrétiser grâce au travail de sauvegarde numérique de la totalité des films du cinéaste entrepris par le Service cinéma depuis plusieurs années. Elle a enfin bénéficié d’un nouvel essor grâce à l’arrivée récente d’un complément du fonds d’archives Teo Hernandez venu enrichir la donation initiale faite par Michel Nedjar en 2000 à la bibliothèque Kandinsky et grâce à la mise en ligne de l’instrument de recherche accessible sur son portail internet.

Dessins, objets et masques mexicains issus de la collection de l’artiste Michel Nedjar complètent le parcours de l’exposition, tout comme les documents (textes, photographies, enregistrements sonores) gracieusement prêtés par Light Cone (distributeur de films expérimentaux) et par les proches de Teo Hernandez : Gérard Courant, Xochitl Camblor-Macherel, Marie-Noëlle Delorme, Catherine Diverrès, Mauricio Hernandez et Gabrielle Seibold.

Teo Hernandez (Ciudad Hidalgo, 1939 – Paris, 1992)

Teo Hernandez est né le 23 décembre 1939 à Ciudad Hidalgo au Mexique. Après des études d'architecture, il fonde avec un ami, Antonio Campomanes, le C.E.C. (Centro Experimental de Cinematografia), à Mexico. En 1960, l'Institut Français d’l'Amérique Latine (I.F.A.L.) finance le premier projet du groupe : un documentaire sur les activités culturelles de l'Institut. Le film reste inachevé et le groupe se dissout. En 1965, il séjourne à San Francisco (Californie) puis il arrive en France en 1966 où il s'installe définitivement à Paris. De 1968 à 1970, il réalise des films en 8 mm à Londres, à Paris, dans plusieurs villes marocaines (Tanger, Essaouira et Zagora) et à Copenhague. Puis accompagné de Michel Nedjar il voyage durant six ans à travers l'Afrique du Nord, l'Europe, la Turquie, le Moyen Orient, l'Inde, le Népal et l'Amérique centrale. De retour à Paris en 1976, il reprend ses projets et réalise "Salomé". En 1977, il participe au collectif Jeune Cinéma à Paris. La même année, il réalise "Cristo", qui fera plus tard partie d’un cycle : « Le corps de la Passion » avec trois autres volets : "Cristaux" (1978), "Lacrima Christi" (1979-1980) et "Graal" (1980). Avec ses amis ciné-artistes Michel Nedjar, Jakobois et Gaël Badaud, il fonde en 1980 le collectif MétroBarbèsRochechou’ Art. La Cinémathèque française du Palais Chaillot en 1979 puis le Centre Pompidou en 1984 consacrent une rétrospective à Teo Hernandez. Dans les années 80, il participe à différentes manifestations et festivals de cinéma en France et à l'étranger. En 1987, il rencontre et collabore avec la compagnie de danse Studio DM de Catherine Diverès et Bernardo Montet et il se consacre alors aux films de danse. Teo Hernandez est également photographe et écrivain (journal, poèmes, notes et réflexions sur le cinéma, collaboration littéraire dans plusieurs revues).

Décédé le 22 août 1992 du sida, il est enterré au Père Lachaise. De la fin des années 1960 à sa disparition en 1992, il réalise 154 films, la plupart en super 8, tous conservés au Musée national d’art moderne depuis 1995 (donation M Nedjar), avec ses archives composées de manuscrits, tapuscrits, correspondances, coupures de presse, collages, photographies.

AUTOUR DE L’EXPOSITION

■ A L’INSTITUT CULTUREL DU MEXIQUE

Lecture

Mercredi 10 avril, 18h30

Textes de Teo Hernandez lus par Andrea Ancira (éditrice de Anatomie de l’image, Notes de Teo Hernandez Buró--Buró, 2019)

Conversations

Jeudi 18 avril, 18h30

Avec la participation de : Michel Nedjar (artiste), Jean-Michel Bouhours (cinéaste et commissaire d‘exposition), Yann Beauvais (artiste), Joseph Morder (cinéaste)

Mardi 7 mai, 18h30

Avec la participation de : Luciano Piazza (commissaire d’exposition et cinéaste), Mauricio Hernandez (cinéaste, enseignant à l‘EHESS), Laurence Rebouillon (cinéaste, présidente du CJC), Sébastien Ronceray (cinéaste), Frédérique Devaux (cinéaste, enseignante)

Performance

Vendredi 24 mai, 18h30

Activation d’une œuvre de Teo Hernandez par Yanieb Fabre (artiste mexicaine)

Collaboration : Pilar Amarillo / Son et lumière : Ricardo Vega

Remerciements : CND (Centre national de la danse)

■ AU CENTRE POMPIDOU

Exposition

A partir du 10 avril 2019

Ouverture d’une salle dédiée aux films « graphiques » de Teo Hernandez au Musée National d’art moderne (4e étage, salle 20bis), commissaires : Philippe-Alain Michaud, Alexis Constantin

Tous les jours de 11 h à 21 h, sauf le mardi, nocturne le jeudi jusqu’à 23 h

Accès avec le billet « Musée & expositions » 14 €, tarif réduit 11 €

Ateliers

Samedi 13 et dimanche 14 avril

« Pratique du film Super-8 » par l’association Braquage

Réservés aux adhérents du Centre Pompidou

Billetterie en ligne : www.centrepompidou.fr

Projections de films

Cartes Blanches

Petite salle (niveau – 1), entrée libre

Jeudi 2 mai, 19 h

Association « Braquage » (Sébastien Ronceray), sélection de films de Teo Hernandez et de cinéastes des collections du Musée national d’art moderne

Vendredi 3 mai, 19 h

Luciano Piazza (curateur et cinéaste) et Federico Windhausen (curateur et théoricien du cinéma)

Films de Teo Hernandez

■ AU STUDIO DES URSULINES

Projection

« Scratch Projection», Light Cone

Mardi 9 avril, 20 h

Billet 8,50 €, tarif réduit 6,80 €

Films du collectif : « MétroBarbèsRochechou’Art »

Gaël Badaud, Teo Hernandez, Jakobois, Michel Nedjar

■ A LA VILLA VASSILIEFF

Exposition : « Éclater les apparences »

jusqu’au 27 avril 2019

Commissaire : Andrea Ancira.

Entrée libre, du mardi au samedi de 11 h à 19 h

21 Avenue du Maine, Paris 15e