Notre dit pays - Installation de Louis Guillaume
Un palmier-dattier s’installe dans les douves du Château, là où se dressait autrefois la tour des Espagnols, détruite par une violente explosion en 1800.

Notre dit pays de Louis Guillaume - Esquisse
Dans le cadre du Voyage à Nantes
Comme l’oiseau phénix renaissant de ses cendres, dont il porte le nom latin (Phoenix dactylifera), cet arbre surgit sur ces vestiges traumatiques telle une figure de résurgence. Il incarne un symbole de transformation et de victoire de la vie sur le temps. Le palmier aux multiples charges symboliques traverse les imaginaires et les continents.
Il porte aussi en lui la mémoire des routes coloniales qui ont mêlé, dans un même mouvement, le voyage forcé des plantes et la traite des êtres humains.
Louis Guillaume travaille avec les matières vivantes qu’il collecte au fil de ses explorations. Pour cette installation, il dialogue avec l’architecture même du Château. Le tronc du palmier reproduit les motifs des vitraux, tandis que ses palmes reprennent, à grande échelle, la voûte en palmier de l’escalier de la Couronne d’or, chef-d’œuvre du gothique flamboyant.
Le titre de l’œuvre provient d’un texte du duc François II de 1466 : Nostredict país. Louis Guillaume y lit une douce ironie : "notre soi-disant pays". Une façon de rappeler que ce territoire s’est construit sur des rencontres et des influences venues d’ailleurs.
L’installation repose sur une alliance entre matériaux naturels et manufacturés. La résine de pin, récoltée par gemmage, est au cœur de l’installation. Captant la lumière, elle encapsule des traces du passé. Les cordages, issus d’un travail artisanal répétitif, tissent un réseau qui maintient l’ensemble. La tension du motif et du tissage fait tenir ce nouvel écosystème en place, où viendront peut-être nicher de futurs habitants.
Installation du 4 juillet au 6 septembre 2026 - visible 7j/7, 24h sur 24
LVAN, Le Voyage à Nantes