Atelier participatif avec Sonia Saroya — "Drum Machine" #Journées d’Intercession #((((INTERFERENCE_S))))
Festival ((((INTERFERENCE_S)))) : Atelier participatif avec Sonia Saroya : « Drum Machine »

©Aurélien Farina
Le festival ((((INTERFERENCE_S)))) _ festival de substrat sonore _ se fait l’étendard de recherches qui s’auto-différencient, s’auto-éditent - un festival de l’imprédictible, du décodage, porté par des artistes limier.e.s de réalités enfouies et de sonorités insoupçonnées.
Il se déploie dans les espaces du Centre via une anarkhè-exposition qui agrège des recherches-créations qui sondent les sonorités de l’installation visuelle aux créations radiophoniques, mais aussi le temps de manifestations nommées 'Journées d'Intercession'.
Ces journées proposent de prolonger les enjeux du festival en créant des moments de condensation : des instants où les œuvres cessent d’être des entités stabilisées pour s'activer et devenir des situations en devenir, des protocoles d’expérience, des écologies collectives.
Elles prennent place, elles occupent, elles débordent.
Ateliers, activations d'œuvres, œuvres collaboratives, propositions comestibles, performances, live, concerts.
Ici, Sonia Saroya — "Drum Machine" - Atelier participatif en deux temps (Nuit des musées et Nuit Blanche) à partir de son installation sonore visible dans l'exposition.
Dans la continuité des logiques décrites par Charles Stépanoff — où certaines pratiques rituelles reposent sur une circulation ouverte des savoir-faire et sur la possibilité pour chacun·e d’accéder à l’instrument — ces deux sessions prolongent la pièce dans un espace de co-élaboration. Là où le tambour devenait circuit et l’objet cérémoniel machine autonome, l’action revient ici sous une forme partagée : manipuler, relier, transformer, afin d’éprouver concrètement la manière dont des dispositifs techniques produisent du son, façonnent l’écoute et orientent nos imaginaires.
Ces moments ne visent pas la production de formes closes mais l’activation d’un processus commun. En découvrant les principes qui sous-tendent le dispositif — capable de générer des signaux, des rythmes, des présences acoustiques — puis en donnant corps à leurs propres variations, les participant·es prennent part à une mise en circulation des gestes et des connaissances, dans une dynamique où la compréhension se construit par l’expérience. Le circuit cesse alors d’être une simple architecture fonctionnelle pour devenir une source sonore, un médium d’attention, un support de projection et de réflexion critique.
Pensée comme une base évolutive, l’installation se transforme au fil des contributions. Les éléments issus des sessions rejoignent progressivement l’espace d’exposition et en reconfigurent la physionomie, modifiant ses textures auditives autant que ses formes visibles. La pièce se déploie ainsi comme une structure ouverte, cumulative, traversée par des apports successifs — un organisme artistique en devenir, où chaque intervention infléchit le paysage sonore et prolonge la vibration de l’ensemble.
Ces deux rendez-vous affirment la fabrication comme un acte de partage et de réappropriation : une manière d’ouvrir l’accès aux outils, de redistribuer les compétences et de faire de la technique un champ d’expérimentation sensible, où l’écoute devient un mode d’attention au monde et où les imaginaires se composent collectivement.