Les "femmes fortes" dans le regard de femmes fortes : Une relecture critique de Judith et autres héroïnes de l'art baroque
Par Bettina Uppenkamp, Hochschule für Bildende Künste, Dresde
Viernes 14 febrero 2014, 19:00Pasado

Parmi les femmes artistes du passé, l'histoire de l'art féministe a souvent reconnu des héroïnes de l’émancipation féminine, en particulier lorsque celles-ci ont créé des images d'identification proposant une compréhension peu conventionnelle des rôles. A la fin du 16ème et au 17ème siècle, de nombreux tableaux de Lavinia Fontana, d’Artemisia Gentileschi et d’Elisabetta Sirani représentant des héroïnes de l'Ancien Testament ou de la mythologie telles Judith et Minerve semblent inviter l'observateur à une telle identification, qui permet de trouver dans l'histoire de l'art ancien des modèles pour le concept de la femme forte, combative, virile, et en cela d'une féminité exemplaire. Il est en effet frappant que les artistes femmes qui ne se limitaient pas à des genres picturaux codés comme « féminins », tels que la nature morte ou le portrait, ont choisi, parmi les sujets d’histoire, des figures héroïques féminines. On peut se demander si cela peut être réellement interprété comme une forme de solidarité, voire une identification, entre l’artiste femme et son modèle pictural. En explorant les conditions de production et le contexte historique de ces œuvres, la conférence propose d’éclairer – et, le cas échéant, d’expliquer - la symétrie entre le genre des femmes artistes et dans quelle mesure leurs héroïnes a pu créer pour ceux et celles qui commandent de tels tableaux historiques une attraction spécifique.
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