Histoire de l'église
La première mention de Landser date de 1246 lorsqu’il est question d’un château (Castrum Landisera) appartenant à la famille des Buttenheim. En 1269 les Buttenheim vendent Landser et le château à l’évêque de Bâle qui les leur redonne en fief. Quelques années plus tard, le tout est vendu aux Habsbourg.
Au 14ème siècle, les Habsbourg font de Landser une ville qui devient le centre administratif d’une seigneurie importante, cependant la ville ne se développe pas. À la fin du siècle, Landser a perdu son statut de ville, mais elle reste le chef-lieu de la seigneurie, divisée en Haut- et Bas-bailliage de Landser.
Aux cours des 14ème et 15ème siècles, Landser et sa seigneurie sont engagées à de multiples reprises par les Habsbourg à des seigneurs-gagistes. Le bourg et le château sont menacés ou dévastés à plusieurs reprises par les conflits qui touchent la région.
Landser et sa région sont particulièrement touchées lors de la Guerre de Trente Ans. En 1632-1633, Landser est occupée par les Suédois (pillages, destructions, massacres…). En 1635 les troupes françaises investissent à leur tour le village et incendient le château qui ne sera pas reconstruit. Dès 1645 la seigneurie de Landser est donnée par le roi de France aux frères Herwart (banquiers originaires d’Augsbourg). Leurs héritiers la conserveront jusqu’à la Révolution.
La 2ème moitié du 17ème siècle correspond à la période de reconstruction. Progressivement Landser retrouve une véritable prospérité, qu’elle conservera pendant tout le 18ème siècle. Cette prospérité sera remise en cause à la suite de la Révolution. Même si Landser reste chef-lieu de canton, le bourg ressort affaibli de cette période.
Ce déclin se poursuit au 19ème siècle et s’accélère dans la première moitié du 20ème siècle. Landser devient un simple village à vocation agricole. Cette situation est confirmée par le transfert du chef-lieu de canton à Sierentz en 1948.
Depuis les années 1970, la construction de nouveaux lotissement, en particulier le lotissement Chalandon qui regroupe 360 logements, a permis le renouveau démographique de Landser, une reprise de l’activité commerciale et des services, et un renforcement de son influence au sein du Pays de Sierentz.
L’église
L’église de Landser est dédiée à Notre-Dame de l’Assomption. La première mention d’une église à Landser se situe en 1269, mais de cette église primitive il ne reste plus rien. Le clocher, de style gothique, date de la fin du 14ème ou du début du 15ème siècle. Le reste du bâtiment a été reconstruit au 18ème siècle, entre 1774 et 1776. Les travaux ont été réalisés selon les plans de Chassain pour la nef, et de François Antoine Zeller, architecte originaire de Landser, pour le chœur et la sacristie.
L’intérieur de l’église
L’intérieur du bâtiment a été entièrement restauré en 1989-1990.
Dans l’entrée, sous le clocher, on peut observer des peintures de la fin du Moyen Âge, découvertes lors des travaux et restaurées partiellement.
La nef est vaste et lumineuse, et se caractérise par la présence de deux chapelles latérales, surmontées de tribunes. Le mobilier (maître-autel et autels latéraux) et les décorations (corniches, tableaux) donnent à l’ensemble un aspect baroque.
Dans le chœur, le maître-autel du 18ème est surmonté d’une Assomption peinte par H. Kaiser en 1870. Au plafond, une peinture d’Ebel (19ème siècle) représente l’œil de Dieu alors que les corniches sont surmontées de médaillons représentant des Prophètes, les quatre Évangélistes ainsi que d’autres saints. Les vitraux de 1868 représentent l’Annonciation, la Visitation et la Nativité.
Dans la nef on retrouve au plafond une autre peinture d’Ebel représentant la Transfiguration. L’autel latéral gauche est surmonté d’une peinture représentant Ste Anne éduquant la Vierge, alors qu’au-dessus de l’autel latéral droit on a une représentation de St Dominique recevant un chapelet de la Vierge (peintures du 18ème siècle).
Dans la chapelle latérale gauche, l’autel consacré à Notre-Dame des Sept Douleurs est surmonté d’une Piéta ; elle était autrefois l’objet d’un important pèlerinage, dont témoignent encore les ex-voto qui ornent les murs. La chapelle latérale droite est dédiée à Ste Catherine ; on y remarque surtout un reliquaire contenant des reliques de St Justin.
Sur la tribune au fond de l’église est installé un bel orgue représentatif de l’école haut-rhinoise de la 2ème moitié du 18ème siècle. Cet instrument a été construit par Martin Bergäntzel, facteur d’orgue d’Ammerschwihr, et monté dans l’église de Landser au cours de l’été 1789. Il comptait au départ 25 registres. Au début du 19ème siècle, Joseph Bergäntzel l’a complété par un écho. L’orgue a été entièrement restauré par Gaston Kern en 1995-1997. Il comporte désormais 32 registres (8 au positif, 14 au grand orgue, 5 à l’écho et 5 à la pédale).
Autour de l’église
À droite de l’église s’élève le presbytère, un très beau bâtiment construit en 1750 par l’architecte Blaise de Rungs, de Colmar.
À l’entrée du cimetière se dresse un grand calvaire en pierre représentant le Christ crucifié avec, à ses pieds, Marie-Madeleine. Il a été érigé en 1856, en reconnaissance pour la protection dont a bénéficié Landser lors de l’épidémie de choléra qui a touché la région en 1854.
Dans le cimetière sont conservées un certain nombre de tombes anciennes, représentatives de l’art funéraire de la fin du 18ème et du 19ème siècles. L’ensemble le plus remarquable est constitué par le « carré » situé devant l’entrée de l’église et renfermant les tombes de la famille Wendling.
Au fond du cimetière, adossé au mur d’enceinte, se trouve un ancien ossuaire transformé en « Mont des oliviers ». Il renferme des statues en bois du 17ème ou du 18ème siècle, qui représentent le Christ en prière et les apôtres endormis.
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