Après la Seconde Guerre mondiale, les cabarets parisiens deviennent l’un des laboratoires de la marionnette moderne. À La Rose Rouge, L’Écluse, La Fontaine des Quatre-Saisons ou L’Échelle de Jacob, la marionnette s’inscrit dans l’économie particulière du numéro : format court, plateau réduit, installation rapide, alternance des disciplines et proximité avec un public adulte. Ces conditions influent directement sur les langages scéniques : le geste gagne en précision, l’image se condense et le rythme devient déterminant. La main nue ou gantée, le papier découpé, l’objet quotidien, la marotte ou la figure à fils deviennent des matières dramaturgiques à part entière.
D’Yves Joly à Georges Lafaye, d’Alain Recoing à André Tahon, puis Philippe Genty, toute une génération éprouve ses formes au cabaret avant de les faire circuler au music-hall, à la télévision ou au théâtre. À travers photographies, affiches, programmes, archives sonores et extraits de spectacles, l’exposition « Le cabaret des marionnettes » documente, de 1945 à 1970, le rôle déterminant de ces scènes nocturnes dans le renouvellement esthétique et la professionnalisation des arts de la marionnette.
En partenariat avec la Bibliothèque historique de la Ville de Paris, le centre de documentation du Pôle international de la Marionnette, la Théâtrothèque Gaston-Baty et la Compagnie Philippe Genty.
Avec le concours de collectionneurs privés dont Éloi Recoing et Jean-Claude Haslé.