Nos Corps Désirants
La Compagnie Babel - Elise Chatauret et Thomas Pondevie
31 octubre - 22 noviembre

Droits réservés
Pour un désir désirable
« Notre héritage n’est précédé d’aucun testament.» René Char
« Changer de regard, ce n’est pas effacé, mais apprendre à voir autrement.»
Inga Rossi-Schrimpf pour les Musées Royaux des Beaux-Arts de Belgique
« Le passé est tout à fait imprévisible. » Kristin Ross cité par Laure Murat
Comment rendre de nouveau le désir désirable ?
De quelles représentations et de quels imaginaires nos corps sont-ils les héritiers ? Comment prendre la main sur cet héritage et ouvrir d’autres imaginaires ? Nos désirs sont-ils vraiment nos désirs ?
L’époque dans laquelle nous sommes pris et le mouvement en marche pour dénoncer l’ampleur des violences sexuelles bouleversent la physionomie de la société et l’ensemble des relations qu’on y tisse. Une véritable révolution du regard accompagne ces mutations : sur nos histoires intimes et collectives, sur les récits qui nous ont fait grandir, sur notre héritage culturel, et sur nos conceptions de l’homme, de la femme, de l’amour et du désir qui en découle. Nos désirs semblent pris en effet dans un carcan de mots, d’usages, de références, de structures et de scripts clé-en-main dont nous avons plus ou moins conscience et qui conditionnent pour partie nos imaginaires.
Partant de là, Nos Corps désirants explore et met à jour un corpus fait de peintures classiques, de récits mythologiques et de chansons populaires. Le spectacle réveille pas à pas les mélodies revenantes et les images fantômes qui nous engorgent, pour tenter d’y voir clair.
Cette première approche ouvre la voie à tout un jeu de reconfigurations et à un questionnement sur le traitement des oeuvres du passé, la cancel culture, l’esthétisation des violences sexuelles et toutes les manières de se ressaisir d’une histoire encombrante. Les six interprètes explorent alors à corps perdu d’autres représentations de nos aspirations et de nos élans. Ils tentent d’ouvrir avec lucidité, dans un patchwork d’inspiration surréaliste et queer, une brèche vers la confiance et vers la joie. Car si le désir est cette pulsion de vie qui nous pousse à aller vers l’autre, il nous semble vital de le réhabiliter.
♫ On nous inflige
des désirs qui nous affligent
on nous prend faut pas déconner
dès qu’on est né
pour des cons alors qu’on est
des Foules sentimentales, avec soif d’idéal
attirées par les étoiles, les voiles
que des choses pas commerciales
Foule sentimentale - Alain Souchon
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