En écho à l'exposition Nature humaine - Humaine nature, les films présentés ce soir révèlent tous des types de relations singulières entre humains et animaux.
« Entre chien et loup » réunira le temps d’une soirée les films de quatre artistes contemporains, Elsa Brès, Andro Eradze, Patrick Goddard et Benjamin Mouly, aux côtés du réalisateur et biologiste français Jean Painlevé, décédé en 1989 et de Louise Lawler, avec sa pièce sonore Birdcalls (1972-1981).
Les films présentés à cette occasion révèlent tous des types de relations singulières entre humains et animaux. Au cours d’errances nocturnes ou de fantasmes éveillés, corbeaux, chiens errants, sangliers et hippocampes deviennent bien souvent les personnages principaux de ces créations fictives ou documentaires. À travers les points de vue qu’ils et elles choisissent, ces artistes interrogent la part de rêve contenue dans notre entente avec les différents acteurs du monde vivant, avec lesquels nous partageons les mêmes espaces de vie.
Une discussion avec Elsa Brès et Benjamin Mouly est prévue à l’issue de la soirée.
PROGRAMME - 5 films - durée 1h30
Patrick Goddard, Whoopsie’s Dream, 2022, 20 min
Anglais sous-titré en français
Patrick Goddard est né en 1984 et vit et travaille à Londres. Diplômé des universités d’Oxford et de Goldsmiths, il crée principalement des vidéos, des sculptures et des installations, tout en travaillant également avec la photographie, la peinture et le dessin. Ses œuvres narratives et politiquement chargées se minent elles-mêmes avec une comédie noire autodestructrice, car elles retracent les tentatives maladroites de l’artiste de créer une intégrité personnelle et politique. Ses œuvres portent sur un large éventail de sujets : l’écologie, l’Anthropocène et l’animal, la politique raciale, la gentrification et l’urbanisation.
Benjamin Mouly, For the birds, la sieste, 2022
15 min – en présence du réalisateur
L’homme a décidé d’aller se reposer au grand air. Il se love dans un tapis d’herbe confortable et un corbeau s’invite à ses côtés. Du crépuscule au petit jour, trouver le sommeil devient alors une entreprise périlleuse pour nos deux hôtes...
Né en 1987, Benjamin Mouly est artiste plasticien. Après une année de résidence à la Casa de Velázquez de Madrid entre 2019-2020, il s’installe à Marseille, où il vit et travaille. Il développe une pratique pluridisciplinaire traversée par la question de l’image. En utilisant la vidéo, la photographie, l’installation ou la performance, il investit l’écart entre l’expérience corporelle et visuelle d’un réel instable et les techniques normalisées de sa capture.
Andro Eradze, Nightvision, Limited access, 2021, 3 min
Andro Eradze, né en 1993, vit et travaille à Tbilissi, en Géorgie. Il a étudié à la Shota Rustaveli Film Academy, ainsi qu’au programme MFA du CCA-T (Center of Contemporary Art Tbilisi).
Sa pratique étudie la potentialité de l’animisme en tant que méthode. La photographie, les installations, les pratiques de cinéma expérimental et la vidéo se fondent dans un projet contemplant le présent qui s’estompe, dans lequel l’Anthropocène vacille, et tout fonctionne indépendamment de lui. S’appuyant sur l’héritage des approches alternatives de la réalité – surréalisme et réalisme magique –, ses images brouillent la distinction entre l’imaginaire et le réel.
Jean Painlevé, The Seahorse (L’Hippocampe), 1934, 15 min
Jean Painlevé est un réalisateur et biologiste français né en 1902 à Paris et mort le 2 juillet 1989 à Neuilly-sur-Seine. Se consacrant au cinéma après avoir étudié la zoologie et la biologie, il développe des techniques innovantes lui permettant de filmer de manière sous-marine ainsi que de réaliser des plans rapprochés. Il réalise plus de 200 films, et participe à la démocratisation du documentaire animalier – L’Hippocampe rencontre ainsi un véritable succès public. Proche de la pensée anarchique, il s’engage au début de la guerre dans la Résistance, et réalise Le Vampire (1945), film traitant du nazisme au travers de l’étude d’une chauve-souris d’Amérique du Sud. Le musée du Jeu de Paume à Paris lui a consacré une importante rétrospective en 2022.
Louise Lawler, Birdcalls, 1972-1981, audio, 7 min
Pour cette œuvre, Louise Lawler, artiste américaine née en 1947, a choisi de faire retentir les noms de divers artistes masculins bien connus – dont Vito Acconci, Carl Andre ou Donald Judd – à la manière de cris d’oiseaux. L’humour et l’esprit sont contrebalancés par le fait que ces artistes masculins blancs sont continuellement reconnus comme étant à l’avant-garde de l’art, de ses discours et de ses histoires, sans qu’aucune attention symétrique ne soit accordée aux contributions significatives des femmes artistes et des artistes de couleur dans les discussions sur l’esthétique avancée.
Elsa Brès, Aux coups de fusil qu’on entend, 2022
16 min – en présence de la réalisatrice
Née en 1985 et vivant à Bréau, dans les Cévennes, Elsa Brès est diplômée du Fresnoy – studio national d’arts contemporains en 2017 et de l’école d’architecture de Paris-Belleville en 2012, où elle a enseigné la théorie de l’architecture et du paysage. Ses films et installations s’attachent à des forces de résistance dans les paysages contemporains, et mêlent recherches, récits et expérimentations. Elle développe actuellement un nouveau film dans la région rurale française où elle vit, qui traite des sangliers comme alliés de lutte : Les Sanglières.
projection, Andro Eradze, Elsa Brès, Patrick Goddard, Benjamin Mouly, Jean Painlevé y Louise Lawler