Façonner l’invisible Shaping the Invisible
L'exposition interroge la manière dont des gestes hérités, des pratiques quotidiennes et des matériaux vernaculaires permettent de rendre visibles des forces immatérielles, spirituelles, mémorielles.

©Arts d’Australie • Stéphane Jacob
À l’occasion de son trentième anniversaire, la galerie Arts d’Australie • Stéphane Jacob présente Façonner l’invisible Shaping the Invisible, une exposition collective réunissant 31 artistes aborigènes et occidentaux australiens. À travers un ensemble d’œuvres contemporaines issues de différentes régions d’Australie, l’exposition interroge la manière dont des gestes hérités, des pratiques quotidiennes et des matériaux vernaculaires permettent de rendre visibles des forces immatérielles, spirituelles ou mémorielles.
La thématique Façonner l’invisible explore la manière dont les artistes donnent forme à ce qui échappe au regard : forces immatérielles, récits, mémoires et énergies. À travers gestes hérités, réactivés ou poétiques, les œuvres établissent un dialogue entre corps, matière et territoire, entre passé et présent.
Vannerie, sculpture, peinture, céramique et gravure deviennent des vecteurs de mémoire et de relation au vivant. Les arts du tressage et du nouage, illustrés par des paniers et Dilly Bags de la Terre d’Arnhem, utilisent fibres végétales ou ghostnets pour jouer des rapports entre pleins et vides et porter une forte charge symbolique.
Les peintures sur écorce traduisent des récits ancestraux et des relations spirituelles au territoire, tout en affirmant la vitalité d’expressions contemporaines.
Les pratiques contemporaines de réactivation des savoirs anciens sont représentées par Konstantina, dont les pièces relient objets patrimoniaux et gestes retrouvés, et Niah Juella McLeod, qui explore la transmission des savoirs par lignes et points en relief. Euan McLeod introduit une dimension autobiographique, tandis que G.W. BOT développe une calligraphie personnelle du territoire. Parmi les artistes aborigènes figurent Jorna Newberry, Abie Loy ou Fiona Omeenyo, qui renouvellent le dot painting et donnent forme aux récits mythiques et aux esprits ancestraux.
Une approche poétique de la nature s’ajoute à ce parcours à travers les œuvres de Jennifer Keeler-Milne et de Dr Cathy Franzi. Jennifer Keeler-Milne crée des paysages et des dessins floraux à grande échelle traduisant une connexion sensible à la nature, tandis que Cathy Franzi, artiste et scientifique, explore les liens entre art, science et environnement à travers la représentation de la flore australienne, nourrie par recherches et archives botaniques. Ces pratiques prolongent la réflexion sur le lien entre geste, observation et réinterprétation contemporaine des savoirs et de la nature.
À travers cette diversité de médiums, de générations et de territoires, Façonner l’invisible met en lumière des pratiques artistiques profondément ancrées dans le quotidien et la mémoire, tout en questionnant la transmission, le vivant et l’invisible.
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