Un projet collaboratif, entre l'auteure photographe Anne Desplantez et 29 enfants placés dans la maison d'enfants à caractère social (MECS) du Sarthé, près de Lectoure dans la Galerie 2.
Cette exposition explore le temps qui passe, les endroits préférés des enfants, leurs jeux, et capture des instants de vie et d'expressivité corporelle dans cet environnement singulier.
Ce projet, pensé sous forme d’art en commun, a été réalisé avec vingt-quatre enfants placés par l’aide sociale à l’enfance dans une maison d’enfants à caractère social dans le Gers. Il a été exposé la première fois à l’Été 2025 au centre d’art et de photographie de Lectoure.
Associant un questionnement poétique et politique, les travaux de recherche d’Anne Desplantez à la fois photographiques et plastiques visent à élaborer une vision foisonnante, fragmentée et non réductrice, de l’expérience humaine de l’être ensemble.
« Parce que. Ici. » porte l’empreinte de cette synergie collaborative, mélangeant les individualités de chacun des enfants dans une harmonie collective. Il en résulte une oeuvre riche de sens et de diversité. Les enfants entrent dans une forme concrète de résistance en se mettant ainsi à nu, sans faux-semblant, mais avec beaucoup de pudeur, et le projet peut alors prendre la forme d’un message plus politique, qui relève du savoir être ensemble dans une société qui marginalise souvent, isole parfois, questionnant en creux les limites d’un système mis en place au départ pour protéger nos enfants jusqu’à leur majorité, un système qui s’essouffle et qui s’épuise à force d’être oublié.
Ce travail a été soutenu par la DRAC Occitanie, l’ARS Occitanie, le réseau Diagonal, la fondation de France, le centre d’art et de photographie de Lectoure et le centre MECS/ITEP du Sarthé à Magnas.
PARCE QUE. ICI.
Ils ont entre 8 et 18 ans, ils ont été placés ici par l’aide sociale à l’enfance et rares sont ceux qui quitteront le foyer avant leur majorité. À chaque nouvelle arrivée, les places de tous et de chacun sont remises en jeu. Alors que les adultes se retrouvent affairés à intégrer le nouvel habitant, chaque enfant en profite pour renégocier sa propre place au sein de la collectivité.
Ils ont entre 8 et 18 ans, et grandissent dans un hameau épaulés par des éducateurs à qui ils se réfèrent pour le quotidien. Pour tous, les liens familiaux sont distendus et questionnés bien que maintenus dans un contexte à la fois fragile et anxiogène.
Ils s’appellent Ryley, Maéva, Morgane, Jessy, Hayden, Mathieu, Justine, Mathys, Quentin, Enzo, Sabri, Louna, Cloé, Zoé, Adrien, Jean-Baptiste ou encore Yanis, Elisa, Soamélie, Théo, Mindy, Owen, Amine, Ayoub. Chacun à leur tour, ils ont décidé de prendre de leur temps et de leur énergie pour poser ici un bout de leur histoire, sans tricher. Ils m’ont confié ce qu’ils avaient de plus précieux, j’en prends soin depuis bientôt deux ans. Je les ai vus tour à tour crier de douleur et de rage, rire à en perdre haleine et danser sous les étoiles jusqu’à transformer l’ordinaire en une symphonie unique et singulière.
Ils ont entre 8 et 18 ans et portent déjà en eux le secret d’une vie en marge des standards attendus. Une vie qui leur échappe, une vie pourtant dont ils devraient tous être fiers tant ils se battent au quotidien sans jamais rien lâcher pour la construire du mieux qu’ils peuvent.