Exposition - Chemins de l'exil - Photographies de Philippe Gaussot
Exposition présentée à l’occasion du 35e Festival du Cinéma espagnol à Nantes
This event includes accessibility accommodations
Motor impairment

Philippe Gaussot
1936-2026 : regards pluriels et contemporains sur la Guerre d’Espagne
En partenariat avec l’Instituto Cervantes de Paris et l’École Nationale Supérieure d’Architecture de Nantes, le festival accueille cette année une exposition en lien avec la commémoration des 90 ans du début de la Guerre civile espagnole, Chemins de l’exil.
1936-2026. Il y a 90 ans, le 19 juillet, le peuple d’Espagne se soulevait pour faire échec au coup d’État militaire des généraux félons. Mais très vite, les militaires espagnols, soutenus par le fascisme européen, sèment la terreur qu’ils ont érigée en programme politique. Comme le déclarait le général Mola en juillet 1936 : “Hay que sembrar el terror, hay que dejar sensación de dominio eliminando sin escrúpulos ni vacilación a todos los que no piensan como nosotros." *
Après 32 mois de résistance, se produit l’exil le plus important du XXe siècle.
Philippe Gaussot, un humanitaire catholique, se porte au secours des réfugiés et en même temps prend quelques 100 photos montrant l’accueil des enfants basques, puis des enfants catalans, envoyés en France pour échapper aux bombardements et aux affres de la guerre. Loin du bruit des armes, la mort s’éloigne d’eux et ils peuvent retrouver le sourire sur les bancs de l’école ou dans les tâches et les jeux collectifs qui les soudent les uns aux autres.
Sur d’autres photos nous suivons pas à pas le périple douloureux sur des chemins escarpés de l’exil des antifascistes espagnols pour atteindre un hypothétique refuge. Ils passent de la montagne enneigée à la plage humide et glaciale de février. L’accueil sera bien décevant puisque, pour la plupart, il s’agira de s’installer sur les plages du Roussillon, entourées de barbelés, gardées par des soldats français armés : tirailleurs sénégalais, marocains ou gendarmes…
Ces photographies ont été découvertes par Jean-Philippe Gaussot bien après le décès de son père, en 1977. D’une très grande qualité humaine et artistique, ils représentent un témoignage exceptionnel et rare. Ils possèdent la qualité des clichés des plus grands photographes de l’époque, et transmettent au public le désarroi, l’inquiétude de ce peuple mais également, au-delà de sa détresse, sa fierté, sa dignité et surtout sa combativité…
Véronique Salou Olivares et Aimable Marcellan, Association 24 août 1944
* “Il faut semer la terreur, il faut laisser une impression de domination en éliminant sans scrupules ni hésitation tous ceux qui ne pensent pas comme nous."