parcours de visite, à pièd où en calèche, balisé par d’anciennes photos des lieux marquants et guidé par les bénévoles,repas à l’étang du village, expositions dans un cadre enchanteur du plan d'eau
Les spécialistes en toponymie attribuent l’origine du nom Chérancé à la propriété d’un riche gaulois Carentius (de karantos, ami) ou à la forme d’un petit animal muni d’une corne, le charançon ; Chérancé se trouvant sur un méandre (une corne ?) de la Bienne.
Au moyen Age, notre village était sur le passage de deux grandes voies de pèlerinage : les chemins de Saint-Gilles du Gard et de Saint-Jacques-de-Compostelle et jusqu’à la construction de la nationale, sur la route principale menant du Mans à Alençon, richissime capitale de la frêle dentelle.
Qui soupçonnerait qu’il y a quelques décennies, une vie bouillonnante et florissante existait dans notre village : une école, un notaire, 5 moulins, 2 tuileries, un hôtel, une gare, 2 stations service, un sabotier, 7 cafés, une salle paroissiale avec cinéma, une épicerie, une mercerie, 30 métiers à tisser produisant de la toile d’Alençon, et plein d’autres choses encore que la mémoire de nos anciens pourrait nous faire redécouvrir.
Nous voulons solliciter cette mémoire individuelle et collective. Rendre les Chérancéens fiers de leur patrimoine. Car ce sont les spécialistes qui nous le disent, il y a peu de village de cette importance pouvant se vanter que dans son sol, repose un très célèbre peintre post-impressionniste, Maurice Loutreuil, dont les toiles se trouvent dans les plus grands musées du monde et qu’en face de la magnifique église du XIIème siècle, se trouve la maison de ses grands-parents où il passa toute sa jeunesse. Que dire de ses deux chapelles de grande qualité, sans compter les deux lavoirs communaux, le tout dans un paysage bucolique où serpente la Bienne au bord de laquelle on était retrouvé des traces d’implantations humaines datant de l’âge du fer.
Chérancé est un joli petit village entouré au trois-quart par la rivière La Bienne qui prend sa source à Aillères-Beauvoir, et qui alimentait au début du siècle dernier cinq moulins à farine plannifiable. A Chérancé, un moulin par kilomètre. Pour le village inutile de vous dire que les biefs se remplissaient à chacun leur tour.
Le Moulin de Monceau. Certainement le plus vieux, une paire de meules, un système de blutage des plus simples, pas de transmission, les vannages sans crémaillère, un rouet de bois autour duquel s’entoure une chaîne pour lever les vannes. Une roue en bois avec l’arbre mortaisé pour passer les bras. Monsieur Botras est le dernière exploitant, il y installe une scierie vers l’an 1905, il monte un engrenage sur le pied de fer de la meule pour faire fonctionner l’ensemble, redresse l’entourage de la roue qui ne tournait plus rondement, cette dernière ayant séché et débité du bois pendant 2 ans environ. Un peu d’histoire, le mur côté roue ne montait pas jusqu’au toit, la partie haute était en bois dans lequel à l’intérieur de l’étage du moulin était encastré la statue de Saint Victor, patron des meuniers. L’employé de Monsieur Botras qui était un farceur, avec de la peinture noire fit des moustaches en pointe à la française à Saint Victor. Madame Botras qui était pieuse se mit en colère en disant « tu vas nous porter malheur ! » mais elle ne put s’empêcher d’en rire en voyant le changement de physionomie du saint, celui-ci était en plâtre et mesurait plus d’un mètre de hauteur et fut cassé par des vandales quand le moulin ne fonctionnât plus.
Le Moulin de la Californie. Ce moulin dut s’arrêter bien avant 1900, le dernier exploitant n’est pas connu, il y avait une forte descente pour y arriver, il fut acheté par Monsieur Bachelier qui y installa une fromagerie. Le moulin lui-même fut transformé en porcherie. Le bief et les vannages existent encore, les déchets de fromage allaient dans la rivière, ce qui donnait de la nourriture aux poissons du bief suivant. Les pêcheurs y étaient nombreux, il y avait beaucoup de gardons. Aujourd’hui y a pris place un abattoir qui occupe beaucoup de personnel.
Le Moulin du Hazard. Ce moulin fut acheté en 1907 par Monsieur BOTRAS qui y installe sa scierie et son atelier de charronnage, c’était un moulin déjà un peu plus moderne avec nettoyeur à blé, diviseur à farine et bluterie de sûreté. D’après les archives départementales étudiées par Monsieur Duluc, propriétaire du moulin de Guittet, les relations entre les deux meuniers n’étaient pas très cordiales, il y eut bagarre et l’un des deux y trouva la mort, le fautif fut condamné aux travaux forcés et y perdit la vie. Monsieur Botras continua à moudre des céréales secondaires pour les animaux. En 1921 une machine à vapeur seconda la roue cause de sécheresse. Entre le Hazard et la Californie existe un pont qui est trop petit et qui provoque des inondations, un lavoir y est à côté (voir photo) très beau lavoir à quatre plateaux, construit en 1907, legs de Monsieur Gédéon Lemaire, à l’intérieur de ce lavoir existe un panneau où est inscrit « Interdit aux étrangers d’y laver sous peine d’amende » (les Chérancéens n’étaient pas partageurs). Tout le long du bief existent des plans d’eau appelés rouissons où les cultivateurs mettaient tremper leur chanvre afin de pouvoir en extraire la filasse, ce qui faisait crever du poisson mais il en restait toujours qui se nourrissait avec le chènevis. En 1929, Monsieur Botras supprime la roue pour y installer une turbine fournie par la Société Deschamp et Houlbert du Mans, cette turbine est supprimée depuis 2000 environ. Encore un moulin d’arrêté.
Le 7 août 1944, en provenance de la Mayenne, les troupes américaines du Général Patton pénètrent en Sarthe. Durant cette première journée de combats en Sarthe, les accrochages les plus sérieux se déroulent à Poillé-sur-Vègre, Maigné et Loué. En fin de soirée, les Américains ne sont plus qu’à une dizaine de kilomètres du Mans.
Le 9 août, pour contrer la manœuvre américaine, Hitler demande à ce que le LXXXI. Armeekorps s’oppose au XVth US Army Corps. Il faut protéger Alençon et les importants dépôt en Forêt de Perseigne. Les combats sérieux vont commencer en Sarthe ! Pour cette mission, le LXXXI. Armeekorps dispose d’une solide unité : la 9. Panzer-Division !
Le même jour, l’état-major américain ordonne à la 5th US Armored Division de prendre plusieurs ponts au Nord du Mans. Ces derniers situés sur l’Orne Saosnoise se trouvent entre Ste-Jamme-sur-Sarthe et Moncé-en-Saosnois. En fin de la soirée, des combats importants se déroulent près de Marolles-les-Braults et Ballon.
La 2ème Division blindée française du Général Leclerc est rattachée au XVth US Army Corps. Elle se met en place pour sa première action offensive en France métropolitaine. Mais le 10 août va marquer de façon tragique l’action au combat de cette division française…
Au petit matin du 10 août, la 2ème DB, qui a mis en place deux groupes tactiques (le G.T.D et le G.T.L) part en avant sur quatre axes en direction d’Alençon. Mais dès les premiers contacts, les pertes françaises sont importantes comme à Mézières-sur-Ponthouin, Doucelles, Chérancé et Lucé-sous-Ballon.
RVD au plan d'eau de Chérancé