Installation artistique créée in situ d'après les récits des sans-domicile fixe accueillis à La Bagagerie "Mains libres".
Présentation de l'installation
Histoires suspendues
Synopsis
52 sacs de couchage... à l'instar de vies suspendues, ils nous racontent les trajectoires de vies d'hommes et de femmes, usagers de La Bagagerie « Mains libres ».
Telles des chrysalides en phase de transformation, ces suspensions symbolisent à la fois les cocons-refuges où les sans-domicile fixe passent leurs nuits mais aussi un écrin calfeutrant des récits de leurs existences.
La proposition
En traversant les locaux de La Bagagerie « Mains libres », au 15 rue Jean-Lantier, le visiteur est convié à s'immerger dans Histoires suspendues, un dispositif, créé in situ, et installé dans la cour attenante.
Présentée lors des Journées européennes du patrimoine, cette installation invite le public à découvrir l'histoire du lieu (anciennes chapelle et maison de la confrérie des Orfèvres), mais aussi celles des 52 hôtes de la structure d’accueil en ouvrant un à un les sacs de couchage.
Le processus
Dans le but de mieux comprendre les différents parcours de ces personnes vivant à la rue, Christine Acheroufkébir, a réalisé une série d'entretiens (d'avril à juin 2016) avec les volontaires afin de recueillir leurs témoignages. La proximité de voisinage et le projet, initié en octobre 2015, lui a permit de tisser des liens de confiance avec les usagers de La Bagagerie tout au long des rencontres.
Anonymement ou non, chacun racontant ses origines, son passé, son quotidien dans la rue et ses espoirs dans l'avenir. Dans les sacs de couchage, le visiteur découvre un écriteau épinglé. Certains renferment les récits tandis que d'autres expliquent les raisons de leur refus à se raconter (familiales, préjudiciables pour leur devenir professionnel, ou par difficulté de libérer une parole sur une vie à la rue compliquée...).
Suspendus, les duvets prennent la forme de chrysalides, symboles de la potentialité de chacun à être renaissant, à l'image des usagers de La Bagagerie. Libérés de leurs paquetages, les mains libres, ils peuvent travailler, faire des démarches administratives, rechercher un emploi. En attente d'une vie meilleure, leur devenir en suspend.
Un chemin imaginaire dans un univers bucolique emmène les visiteurs vers une porte ouverte où des panneaux indiquent de façon poétique le champs de leurs possibles destinations. La porte annonciatrice du renouveau est placée dans l'enceinte de l'ancienne voûte de la chapelle de la confrérie des orfèvres. Devant la porte, les écriteaux proposent : « des rêves enchanteurs », « l'amour », « la maison au bord l'eau », « la forêt », ou encore « là-haut sur la colline »... Un gazon verdoyant parsemé d'étoiles de Bethhéem, fleurs de l'espoir et de l'apaisement après une épreuve difficile, relie la porte de La Bagagerie à la porte ouverte. Allégorie du chemin parcouru menant vers un avenir plus réjouissant.
L'intention
Cette installation est une proposition de déambulation, où le visiteur a le choix de prendre connaissance des différents récits en ouvrant, ou pas, les sacs de couchages. Elle participe surtout à une sensibilisation du grand public sur les conditions de vie à la rue et de la lutte contre l’exclusion. Mettre l'humain au centre de la réflexion et essayer de nouer des liens entre les populations, à l'image de La Bagagerie « Mains libres », gérée à la fois par les sans-domicile fixe et les avec-domicile fixe. Le public pourra ainsi mesurer l'importance de ce type de structure auprès des plus fragiles de notre société, qui contribue au maintien de la dignité et à la reconstruction tant morale que sociale de ses usagers.
Afin de laisser une trace et que l'action soit tangible, La femme tentaculaire édite un recueil des différentes narrations, proposé à la vente au public au profit de l'association.