Les individus peuvent faire en sorte que leurs biens domestiques durent dans le temps, qu’ils soient actifs ou passifs dans cette démarche. Pour mettre en œuvre ces « pratiques de longévité », qui vont de l’achat durable à la revente en passant par la maintenance, ils doivent résister à deux séries de prescriptions. Le monde marchand, d’abord, contraint les usages (notamment la réparation) par le discours et la conception technique des produits. L’entourage personnel, ensuite, attribue des rôles genrés autour des objets et peut stigmatiser les pratiques de longévité. Les individus négocient alors ces dernières par un système de « ruses » (De Certeau, 1990) et de justifications.
Intervenante
Julie Madon (Centre de sociologie des organisations, SciencesPo)
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À propos de ce séminaire
Ce séminaire examinera les phénomènes de politisation des objets du quotidien aux époques moderne et contemporaine. Plutôt que d’examiner les objets appartenant aux élites du pouvoir, comme les cadeaux diplomatiques, il prend délibérément le parti de considérer les objets du « commun » (au sens de commonplace), qui traversent les vies ordinaires. En considérant des objets issus principalement de la sphère domestique, on s’interrogera sur la manière dont la matérialité de la vie courante et le politique s’interpénètrent et se transforment mutuellement à travers des objets hybrides.
Comité scientifique
Laurent Dedryvère (laboratoire Identités, Cultures, Territoires, Université Paris-Cité), Emmanuel Fureix (Centre de recherche en histoire européenne comparée, université Paris Est Créteil), Hélène Valance (laboratoire InVisu, CNRS ∕ INHA)