Ahram Lee
PRETE à PARTIR
Présence de la médiatrice du Cairn pour échanger avec le public dans l'exposition
1er mai au 16 aout 2026
Ahram Lee s’intéresse aux gestes quotidiens, aux objets et usages intemporels, à ces éléments discrets de nos vies si profondément installés qu’ils en deviennent presque invisibles. En repérant les écarts, elle révèle des impensés auxquels elle donne forme et conduit notre regard vers ce à quoi on ne prête pas attention.
En résidence depuis le printemps 2025, elle a travaillé à Digne dans le prolongement de sa recherche intitulée « qu’est-ce que tu vas en faire ? » où, in fine, les processus déterminent la forme de l’œuvre et son sujet.
Ahram Lee a scruté les détails de la ville de Digne et de ses alentours en privilégiant une économie de moyens propre à son vocabulaire plastique.
Pour l’exposition « PRETE à PARTIR », Ahram Lee présente un ensemble d’œuvres sur papier qui sont suspendues dans l’espace du Cairn. Ces empreintes de souches d’arbres récemment coupés le long de la RN85 relatent un événement récent dans un espace relégué aux bas-côtés. Ces « estampes » évoquent une carte et révèlent la fragilité et/ou l’impermanence de ces espaces entre-deux qui jalonnent nos paysages en mutation.
A travers cette installation qui occupe l’ensemble de l’espace de sa présence diaphane et fantomatique, Ahram Lee conserve la trace de l’espace intermédiaire, entre la forêt et la route qui est en train de disparaître. Avec une forme d’humilité, son travail veille sur cet état transitoire qui témoigne de ce vide en train de se former.
Aux murs, sont déployées une constellation de chutes de bois, gravées du nom de rues dignoises qui ne sont pas des patronymes. « PRETE à PARTIR » est l’une d’entre elle. Une toponymie singulière, sonnant comme une alerte prévenant d’une inondation imminente lors des crues des rivières avoisinantes. En écho à celui des arbres abattus, Ahram Lee dresse un inventaire des noms des rues de la ville qui témoignent de l’histoire de cette dernière, souvent liée à la nature environnante. A la cartographie dessinée par les coupes des troncs d’arbres, s’en ajoute une autre, nous ramenant à l’histoire de la ville de Digne.
En portant son attention sur ces espaces entre-deux, Ahram Lee révèle toute une part invisible s’apparentant à l’envers d’une carte qui, tout en montrant des absences et béances, les comblent par les récits communs.