Le village de Saint-Créac a été fondé à l'époque gallo-romaine au Vème ou VIème siècle, après que des chrétiens romains ont fui les persécutions à Rome pour s’installer dans le sud-ouest de la suite …
Le village de Saint-Créac a été fondé à l'époque gallo-romaine au Vème ou VIème siècle, après que des chrétiens romains ont fui les persécutions à Rome pour s’installer dans le sud-ouest de la Gaulle, suite au martyre du diacre Saint-Cyriaque en l’an 304. Il est ainsi probable que ces chrétiens ont fondé une villa du nom de Saint-Cyriacus sur les lieux du village actuel, comme tendent à le prouver les nombreuses pièces de monnaies aux effigies notamment des empereurs Maximien et Dioclétien (286-310) et les morceaux de vaisselle romaine découverts sur place (voir le trésor de Saint-Créac au musée archéologique d’Eauze). L’église est dédiée à Saint-Loup, évêque de Sens (+623). Une relique de St-Loup est exposée dans le transept nord.
Au moyen-âge, on dit que le village comptait plus de mille habitants, mais pendant la guerre de cent ans, il subit les assauts destructeurs du Prince Noir, qui détruisit tout le village et l’église en 1369, dont seule une partie de l’abside a été épargnée et subsiste encore aujourd’hui. On dit aussi qu’un château fort existait au midi de l'église, débordant donc la route actuelle, comme peuvent l’attester quelques vieilles pierres dans le sol alentour.
L'église Saint-Loup
L'église de Saint-Créac fut reconstruite et agrandie au XV-XVIème siècle à partir d'un édifice antérieur datant du XIIème siècle, dont il subsiste l'abside et une partie du mur nord. Sur la base d’écrits personnels de l’abbé Sabathier en 1912, on a souvent répété que Saint-Créac était un fief des templiers, dépendant de l’importante commanderie de Goutz près de Fleurance. Mais rien n’est moins sûr aujourd’hui, car si les archives des templiers à Toulouse mentionnent clairement la présence des templiers dans la région (Golfech, Gimbrède, Homps, etc.), il n’est fait nulle mention de Saint-Créac dans aucun document d’archive.
L'église en totalité, avec le mur d'enceinte du cimetière, a été inscrite MH en 1995.
Les fresques murales : classées Monuments Historiques en 1908
Le principal attrait de l'église est le chevet roman orné de peintures murales de style gréco-byzantin datant probablement du XVème siècle, au plafond du chœur et sur les murs côté Nord et Sud.
Une grande campagne de restauration de l'église commença à partir de 1832. Les fresques murales furent complètement restaurées en 1863 par l'agenais Toussaint Desbeaux : elles ont justifié leur classement aux Monuments Historiques le 5 décembre 1908. Elles ont de nouveau été rénovées en 1996 par Mme Pontelevy, artiste peintre, sous la direction de l'inspecteur des Monuments Historiques Mme Sire.
1/ Au milieu du chœur :
Dans un losange, le Christ assis sur son trône, la tête entourée d'un nimbe en forme de croix, bénissant d'une main, tenant de l'autre un globe terrestre appuyé sur le genou. Aux quatre coins du losange, les emblèmes des quatre évangélistes : l'ange (St Matthieu), le lion (St Marc), le taureau (St Luc) et l'aigle (St Jean).
Sur l'arc doubleau séparatif, huit personnages bibliques avec textes bibliques.
2/ Les fresques murales dans l'intrados de la voûte :
En arrière de l'arc triomphal, les douze apôtres par groupe de trois :
1er groupe, mur côté Nord en haut :
Pierre portant le livre et les clefs;
André et sa croix caractéristique en X;
Jacques le Majeur avec le bourdon et la panetière de ses longs voyages.
2ème groupe, mur côté Nord en bas :
Jean tenant la coupe empoisonnée;
Simon avec la pique de son martyre;
Mathieu avec le livre ouvert et son bâton noueux.
3ème groupe, mur côté Sud en haut :
Thomas muni de son équerre;
Paul avec le livre ouvert de ses épîtres dans la main droite et dans la main gauche l'épée qui trancha sa tête;
Barthélémy avec le couperet de son martyre.
4ème groupe, mur côté Sud en bas :
Philippe avec la croix de son supplice;
Thaddée avec le livre et le bâton levé;
Mathias et la hache de son martyre.
3/ Sous l'arc triomphal :
Quatre anges portant les divers instruments de la passion :
1. La colonne avec le fouet ;
2. Les trois clous, le roseau et l’éponge ;
3. La lance ;
4. La croix du calvaire.
Pietà en bois polychrome du XVIIème : inscrite Monuments Historiques en 1997
On peut admirer une remarquable pietà en bois polychrome du XVIIème à l’entrée de l’église à gauche sous la tribune, au-dessus des fonds baptismaux. Cette vierge en pitié a été inscrite MH le 12mai 1997.
Cloche datée de 1743 : inscrite Monuments Historiques en 2008
Deux cloches sont accrochées au mur clocher qui possède trois emplacements : une très ancienne, datée de 1743, la plus petite accrochée à droite en regardant vers l’Est, avec des inscriptions en partie effacées (à la révolution ?) ; elle a été descendue, restaurée et raccrochée après remplacement du joug/mouton de cloche en 2008.par l’entreprise Bodet Campanaire. Une autre plus récente fondue en 1829 par le lorrain Augustin Martin. Le mur clocher du XVème fut victime de la foudre à la fin du XIXème siècle. La cloche datée de 1743 a été inscrite Monuments Historiques le 22 décembre 2008.
La nef et les transepts:
Le long du mur Nord, deux pierres tombales anciennes : l’une au pied de l'escalier qui monte à la chaire, celle de Roger de Verduzan, seigneur de Mauroux et de Saint-Créac qui fit une brillante carrière militaire (il a fait partie de la garde rapprochée de Louis XIV) et mourut au Château de Mauroux en 1735 ; l’autre plus ancienne au pied de la statue de Saint-Antoine à l’entrée de l’église.
Pierre tombale de Roger de Verduzan
Inscription en latin sur la tombe de Roger de Verduzan :
HIC JACET FRATER ROGERIUS DE VERDUSAN DE MIRAN EQUES SANCTI JOANNIS HIEROSOLIMITANI
CONDOMINI MAUROSII ET SANCTI-CREACI. SUMMA VIRTUTE ET EQUITATE ET MO INGENIO AC FORTITUDINE PREDITUS. OBIIT DIE DECIMA OCTAVA MENSIS JUNII, ANNI : REPAR : SALUT : MDCCXXXIIIV ETATIS SUE LX... R.I.P. AMEN.
"Ici git frère Rogerius de Verdusan de Miran, chevalier de Saint Jean de Jérusalem, Co-seigneur de Mauroux et Saint-Créac, homme remarquable par sa grande vertu, sa justice, sa haute intelligence et sa bravoure. Il mourut le 18 juin de l'an de l'incarnation 1735, la 75ème année de son âge. Qu'il repose en paix. P.P.L."
A noter aussi les vitraux des ateliers du peintre et maître verrier Amédée Bergès de Toulouse (1861-1863) : dans les transepts Nord (Joseph à l'enfant en médaillon central) et Sud (Vierge à l'enfant remettant le rosaire à St-Dominique), ainsi que celui représentant l’évêque Saint Loup sur fond damassé, patron de l’église, côté Est du chœur ; ainsi que de belles rosaces et peintures des corbeaux soutenant les ogives sur les bas-côtés de la nef, également refaites par le peintre Toussaint Desbeaux.
Plusieurs statues en bois peint et dorures ou en métal peint trônent dans l’église :
Saint-Loup et Jésus Jeanne d’Arc SteThérèse de l'Enfant-Jésus SteGermaine de Pibrac StAntoine de Padoue
Dans le transept Nord, une relique de Saint-Loup (576-623), élu archevêque de Sens en 609, est exposée sur une crédence ; on peut y lire la mention :
« Ex ossibus Sti Lupi Episcopi Senonensis »
Au-dessus et de part et d’autre de l’autel en marbre blanc du chœur, datant du Second Empire, trônent deux anges en bois peint et dorures datant du XVIIIème.