Nuestra Tierra
Projection du documentaire "Nuestra Tierra" de Lucrecia Martel, en présence de Claire Gadéa, productrice du film, et de Geneviève Merlin, enseignante en cinéma et direction de publication.

© Météore Films
De Lucrecia Martel, Argentine, Etats-Unis, Mexique, 2025, 2h02, VOstf Documentaire
2009. Dans le nord de l'Argentine, Tucuman, un propriétaire terrien accompagné de deux ex-policiers, et le chef de la communauté indigène Javier Chocobar, s'opposent lors d'une rencontre au sujet d'un conflit territorial. La discussion s'envenime et ce dernier est assassiné. Cet affrontement filmé et divulgué va entrainer de nombreuses manifestations pour réclamer justice. 9 ans plus tard, le procès a enfin lieu et c'est le thème du long métrage documentaire de Lucrecia Martel « Nuestra Tierra ». Avec ce procès, la réalisatrice argentine utilise les méthodes du film d'enquête pour questionner l'histoire de la société de son pays.
Note de la réalisatrice
Aujourd’hui le monde semble engagé dans sa propre destruction. La haine ressurgit, accompagnée de promesses de guerres comme au siècle dernier. Les arguments qui les soutiennent sont imprégnés de slogans célestes. Une partie de l’humanité croit à nouveau en un ordre divin qui impose ses droits sur ceux de ses voisins humains. La transformation de l’ordre mondial et un saut technologique immense ont accéléré l’Histoire à un rythme qui n’est plus le nôtre. Quelle est l’importance d’être humain ? Quel est notre destin ? La raison n’est plus un refuge. Nous l’avons déléguée à des machines pas encore complètement intelligentes, mais qui nous parlent dans notre langue. Il est très facile de se perdre.
Ceux qui s’accrochent au pouvoir embrassent à nouveau des nationalismes de toutes sortes, qui produisent des guerres et des migrations forcées.
Ce film parle de notre langue maternelle, il met en évidence ses complexités racistes, qui empêchent beaucoup de gens d’accéder à leur espace vital. C’est la langue des papiers. La vie de personnes expulsées par des documents d’une valeur douteuse, des vies perdues dans des heures de procédures inutiles. Le cinéma peut être utile à cet endroit. C’est mon désir le plus profond.
Séance-débat organisée par l'association Culture et Cinéma en partenariat avec le groupe local Amnesty International Versailles Grand Parc, en présence de Claire Gadéa, productrice du film, et de Geneviève Merlin, enseignante en cinéma et directrice de publication.