(Ciné-discussion) EAU MON AMOUR

Proposé par le Collectif "Eau Citoyenne Bien commun" en présence des réalisateurs.

Membres du CTC42

La projection sera suivie d'une discussion avec les réalisateurs et Hélène Vialleton, membre du Collectif local ECBC.
"L’eau n’est pas un bien marchand comme les autres mais un patrimoine qu’il faut protéger, défendre et traiter comme tel" indique la directive européenne du 23 octobre 2000. A l'échelle mondiale, de plus en plus de déclarations voient le jour aussi pour reconnaître l'eau comme un bien commun. Mais comment cela se transcrit-il en actes ? Comment garantir la préservation de cette ressource menacée mais vitale tout en assurant son accès inconditionnel à toutes et à tous ? Quelle part les différents acteurs (états, entreprises, citoyens) peuvent-ils et doivent-ils prendre dans la gestion de l'eau potable ?

Notre collectif "Eau Citoyenne Bien Commun" a vu le jour il y a un an autour de ces interrogations, avec l'objectif d'obtenir une consultation de la population sur l'avenir de notre eau à Saint-Etienne Métropole. Le 27 janvier 2021, un vote du Conseil Métropolitain a entériné un projet de délégation du service public de distribution d'eau potable à une entreprise privée pour Saint-Etienne et 12 communes voisines, à partir de 2022 et pour une durée de 6 à 13 ans. Regrettant que ce projet ait été validé sans consultation des habitants ni des conseils municipaux des communes concernées, nous avons organisé au printemps une "Convention citoyenne" ayant pour vocation d'informer et de recueillir les avis de citoyens de la Métropole sur l'avenir de notre eau et de sa gestion. Une expérimentation de démocratie participative inspirée de la Convention sur le Climat, mais mise en place à petite échelle, avec de petites mains.
Pour discuter de ces enjeux autour de l'eau et vous présenter cette tentative de consultation citoyenne locale, nous vous proposons cette projection suivie d'une discussion afin de découvrir un exemple de mobilisation citoyenne à Toulouse où des militants associatifs qui demandaient une autre gestion de l'eau ont voulu montrer "comment le pouvoir politique ouvre ou non un espace de dialogue et de débat, et facilite ou non le processus d’intégration des usagers, des associations et des représentants du personnel dans la gestion de services publics essentiels à la population".

EAU MON AMOUR

(Roberto Della Torre et Didier Labertrandie - 1h24 -2021)

Synopsis
Vaut-il mieux confier la gestion d’un service public à un opérateur privé ou à une collectivité publique ?
Cette question s’est posée à Toulouse et sa métropole de 750 000 habitant-e-s au sujet des services de distribution de l’eau et de l’assainissement. Durant un an et demi, de juin 2017 à décembre 2018, la procédure d’harmonisation et d’unification de ces deux services a placé les 134 élu-e-s de la métropole toulousaine devant cette question éminemment politique…
Dès l’ouverture de cette procédure, nous avons suivi au plus près les militant-e-s de l’association « Eau Secours 31 » mobilisés pour défendre le principe d’une régie publique. L’association s’est alors donné deux axes d’actions principaux : sensibiliser le public le plus largement possible tout en s’efforçant de convaincre les élu-e-s auquel-les il incomberait, en dernier ressort, de trancher entre régie et délégation de service public (DSP).
Mais en décembre 2018, Véolia et Suez ont finalement raflé les deux marchés, en abattant au dernier moment la carte maîtresse du prix le plus bas. « Eau Secours 31 » y a opposé en vain le prix le plus juste tandis qu’une analyse plus fine des contrats a permis à ses militant-e-s de lever quelques loups.
En suivant au plus près cette nouvelle bataille de l’eau toulousaine, nous avons voulu montrer comment le pouvoir politique ouvre ou non un espace de dialogue et de débat, et facilite ou non le processus d’intégration des usagers, des associations et des représentants du personnel dans la gestion de services publics essentiels à la population. Mais aussi comment, en face de simples citoyens essaient de s’emparer d’un tel débat.
C’est à la lumière de cette interrogation que la société civile porte peu à peu un nouveau regard sur la gestion de l’eau et de l’assainissement. Cette évolution des mentalités s’est traduite de manière plus concrète ces dernières années par des retours en régie publique dans des villes telles que Paris, Nice, Montpellier, Nantes ou encore Rennes, Muret, Castres...
En nous focalisant sur l’exemple concret de la métropole toulousaine, s’est ainsi offerte à nos yeux l’occasion de suivre en direct et au plus près du terrain le déroulement et le développement de ce vaste débat autour de l’un des communs les plus vitaux pour l’humanité : l’eau.

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