TABLE-RONDE « La mort, entre peur et espérance »

Débat avec Damien Le Guay et Isabelle Serey, animé par Aymeric Pourbaix.

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TABLE-RONDE « La mort, entre peur et espérance »

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Mardi 18 mai 2021, 20h30 – 22h30

Débat avec Damien Le Guay et Isabelle Serey, animé par Aymeric Pourbaix.

« Dans le combat pour la vie, on a oublié l’accompagnement de la mort ». Damien Le Guay, Président du Comité National d’éthique du Funéraire, précisait dans une interview au Figaro en mai dernier que « si la mort est revenue dans l’actualité avec l’épidémie de coronavirus, les morts ont disparu. Ils ne sont évoqués que sous forme d’un décompte macabre, fait, chaque soir, à heure fixe. »

Et d’expliquer dans Télerama (interview de Youness Boussena mise à jour le 08/10/20) : « Il se joue un processus long, étudié par les historiens Philippe Ariès [auteur d’Essais sur l’histoire de la mort en Occident] et Michel Vovelle [auteur de La Mort et l’Occident], ainsi que par l’anthropologue Geoffrey Gorer [auteur d’un article célèbre en 1955, « The Pornography of Death »], qui laisse à penser que notre société est une société de la vie et de la réjouissance, au détriment de tout sens du tragique, de la finitude, de la mort. Ce processus tend à évacuer et à rendre littéralement obscène [« hors de la scène »] la mort lorsqu’elle surgit. S’y ajoute, à mon sens, le paradoxe d’une approche politique hygiéniste de la mort : pour la première fois, on confine la vie de milliards d’individus au détriment de la qualité de la vie, dans le seul but d’évacuer une mort que l’on refuse de voir. »… « Ce n’est pas l’image de la mort qu’il importe de valoriser, mais la visibilité du mort. À l’hystérie mortuaire doit répondre un apaisement dans le deuil par la visibilité des gestes, du rite, et une attention collective que nous nous devons les uns aux autres. Il y a toujours un conflit en nous entre un Créon, qui ne pense qu’aux lois de la cité, lesquelles supposent de ne pas enterrer le mort, et la petite Antigone, qui veut enterrer son frère Polynice. La cérémonie aide la famille et la cité à se reconstruire… »

La mort, fin naturelle de notre vie humaine, est et sera toujours traumatique. Elle est toujours vécue comme une violence, une séparation brutale, un passage du visible à l’invisible… de la présence habituelle à une absence inhabituelle. Notre vie existe dans une unité, celle du corps et de l’âme humaine, du visible et de l’invisible. Unité qui ne devrait pas se briser. Le corps inanimé (appelé de façon brutale « cadavre ») est éprouvant. Le corps humain est vivant. Toutes les traditions humaines intégrant des rites religieux ont considéré, pratiquement avant d’y penser philosophiquement, que la mort est sacrée. Ainsi le corps humain est le seul parmi tous les vivants pour lequel ses semblables lui font une sépulture… de la protection du cadavre par rapport aux bêtes sauvages… jusqu’aux pyramides et autre mausolées. Et nombreux sont les vestiges témoins d’une croyance en une vie après la mort : ornements, parures, plats et nourritures, pièces de monnaie « pour le voyage » du mort. L’homme mort a une auréole sacrée autour de lui. Ne plus la considérer, la voir, l’honorer… est peut-être la dernière étape d’une société païenne en déclin.

Mardi 18 mai 2021 de 20h30 à 22h30
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