L’élan vital du trait
KOSEI considère la calligraphie dans sa temporalité en jouant sur les caractéristiques du tracé; le mouvement du pinceau prend vie sous la forme de traits noirs qui animent l’espace blanc de la toile.

© KOSEI
L’encre noire parcourt et incise l’espace blanc du papier. Le trait crée des délimitations, imprime des directions et insuffle de la vivacité à l’espace. Le trait suivant, par l’écart ou l’angle formés avec le précédent, sa puissance ou sa douceur, entre en résonance avec lui. Et ainsi de suite : l’espace immaculé au départ prend vie au fil des traits qui s’y ajoutent et le transforment.
Ces changements sont rendus possibles grâce aux caractéristiques du trait qui dépendent de la quantité d’encre prise par le pinceau, la vitesse du tracé ou la forme de chaque ligne. Pleins ou déliés, vifs retours anguleux ou courbes délicates : les calligraphies de KOSEI jouent avec toutes ces variations.
« L’élan vital » ne réside pas simplement dans la vitesse ou la vigueur du tracé, mais il s’exprime aussi à travers les mouvements lents ou les arrêts du pinceau. Les lignes alternent finesse et épaisseur, se répondant les unes aux autres en s’éloignant ou en se rapprochant, imprimant du mouvement à la composition et laissant retentir un écho visuel qui s’imprime dans l’œil du spectateur bien après que le pinceau se soit arrêté. Ceux qui peuvent déchiffrer les caractères apprécieront le sens du poème calligraphié, les autres seront également touchés par ce ballet des différents traits qui invitent à imaginer rétrospectivement le geste de l’artiste.
Ce sont cette temporalité et cette énergie vitale de l’écriture que KOSEI souhaite faire découvrir aux visiteurs de l’exposition.