Galerie Max Hetzler, Paris, est heureuse de présenter Les Fous d’En Face, une nouvelle exposition d’Elmgreen & Dragset. Coïncidant avec Art Basel Paris, il s’agit de la deuxième exposition personnelle du duo avec la galerie, et de la première dans son espace parisien.
Pour Les Fous d’En Face, Elmgreen & Dragset investissent les deux espaces de la Galerie Max Hetzler, situés aux 46 et 57 rue du Temple. L’humour absurde, la subversion de l’espace et le récit ouvert, au cœur de la pratique des artistes, se déploient dans trois nouvelles installations qui puisent également dans leur propre histoire. En déplaçant les objets de leur contexte habituel, Elmgreen & Dragset nous invitent à nous interroger sur les forces à l’œuvre dans les situations et les souvenirs qui façonnent aussi bien le familier que l’extraordinaire, l’extrême que le banal.
Les Fous d’En Face réunit trois approches distinctes de la sculpture, essentielles à leur méthode de travail : l’hyperréalisme, la recontextualisation et le ready-made. Leur première installation, How to Become an Artist, montre un jeune boxeur frêle, aux gants rouges, sur un ring de boxe grandeur nature. Éclairé par un projecteur circulaire, tel un acteur seul en scène, il s’appuie sur les cordes du ring, visiblement épuisé. Son adversaire est absent. La sculpture hyperréaliste représente Michael Elmgreen jeune, donnant à cette mise en scène une dimension profondément personnelle. Face à ce boxeur solitaire, à bout de forces, une question se pose : quel combat vient-il de livrer, et contre qui ? Y-a-t-il eu un adversaire ? Le spectateur demeure face à cet instant fragile d’incertitude existentielle.
La deuxième installation, The Optimist, expose une grande sphère rouge placée au centre du mur blanc de la galerie. Derrière sa structure épurée et minimaliste, se cache en réalité la réplique surdimensionnée d’un nez de clown, moulé en acier. Ponctué par un extrait sonore d’applaudissements provenant d’une ancienne radio, le mur blanc lui-même semble se transformer en une gigantesque tête de clown. Depuis les années 1990, Elmgreen & Dragset utilisent le « white cube » comme élément sculptural à part entière, notamment dans leur série Powerless Structures. Ici encore, l’œuvre comporte une dimension autobiographique : avant de devenir artiste plasticien, Ingar Dragset a fréquenté au début des années 1990 la Commedia School de Copenhague, où l’art du clown tenait une place centrale.
La dernière installation, intitulée Il mio Giardino, présente une sculpture figurative monumentale et monochrome, sanglée sur le toit d’une ancienne Fiat 500. D’une démesure comique, la sculpture blanche domine la petite voiture rouge, créant une tension physique et surréaliste entre les deux – l’homme face à la machine. La figure masculine, allongée sur le ventre, apparaît entravée et impuissante malgré sa dimension imposante. Deux petits gants de boxe rouges sont suspendus au rétroviseur, faisant écho au boxeur de l’autre côté de la rue. Tout comme la figure, le récit reste en suspens, laissant libre cours aux hypothèses sur ce qui a pu se passer avant la scène, et sur ce qui pourrait suivre. La sculpture est-elle en en route vers une destination inconnue, ou assisterait-on plutôt à un braquage ? Dans chacune des trois installations, le spectateur devient ainsi un acteur essentiel du récit, invité à deviner qui sont, au juste, Les Fous d’En Face.