Résumé
Dans ce spectacle à la fois drôle et poétique, une clown maladroite et un acrobate pétillant se rencontrent au son du violoncelle. Ici, pas de mots, mais des corps qui se découvrent, s’observent, et s’imitent joyeusement dans un subtil jeu de miroir déformant. Au rythme de la musique, tous les deux prennent le temps de s’apprivoiser. Ils s’accordent avant d’inviter les enfants à les rejoindre. Tout comme moi est une ode à l’écoute et au partage pour le très jeune public dès 18 mois.
Imitation et empathie
L'imitation est un élément central de l’apprentissage de l’enfant. Imitation de gestes, de sons, d’expressions, de comportements, cette action est spontanée et centrale, indispensable aux différentes étapes de son développement. Elle favorise l’empathie, la capacité à percevoir et reconnaître les émotions d’autrui. L’imitation est un des principes de jeu entre les deux personnages du spectacle. Un jeu qui leur permet d’appréhender l’autre dans sa singularité au niveau moteur et au niveau émotionnel. Cette imitation peut être instantanée et maladroite, dans une tentative de synchronisation impossible, créant ainsi des décalages poétiques ou comiques. Elle peut aussi se faire en différé, montrant ce que le personnage a retenu ou compris de son partenaire. Au fil du spectacle, l’imitation permettra aux personnages de mieux se comprendre, de jouer ensemble malgré leurs différences, d’affiner leur écoute et leur capacité à interagir avec l‘autre.
Explorer son rapport au corps
Chacun des personnages présente un rapport au corps différent et complémentaire.
L’acrobate est très habile et téméraire. Il se déplace dans l’espace de façon extra- ordinaire, utilisant son savoir faire technique. Il rappelle ainsi au jeune spectateur son propre désir d’expérimentation et ses prises de risque dans la découverte de la marche et l’appréhension des obstacles qui jalonnent son apprentissage de la motricité.
La clown rencontre, quant à elle, des difficultés pour se mouvoir. C’est un personnage maladroit qui peine à appréhender l’espace et les objets. Elle tombe, mais se relève, tentant avec persévérance de maîtriser ce corps qui lui échappe bien trop souvent. Cette seconde attitude résonne également chez les jeunes spectateurs empreints de rêves de cascades, mais parfois limités dans leur capacité à les réaliser.
Ces deux personnages offrent donc deux facettes d’un rapport au corps qui se complètent, deux facettes nécessaires au développement moteur chez l’enfant.
Un spectacle visuel, mêlant écriture et interactions avec le public.
Dans cette création peu de mots, mais des corps qui expriment ce que ressentent les personnages, les mouvements sont chorégraphiés offrant un ballet visuel très écrit mais laissant place à l’imaginaire. Afin d’affiner ce travail d’écriture du mouvement et ce jeu des corps qui traduisent les émotions,
Muriel Henry a fait appel à Joëlle Iffrig, chorégraphe avec qui elle avait déjà entamé une collaboration pour sa précédente création “ Pas touche la mouche ! “.
“Tout comme moi” est une forme très écrite mais ouverte, permettant des temps d’interaction et d’improvisation subtils avec le public puisque ses réactions, ses manifestations sont prises en compte par les interprètes.
Ainsi, les jeunes spectateurs et leurs accompagnateurs y ont une place à part entière. Il n’y a pas de quatrième mur. Cet aspect rend chaque représentation unique pour les artistes comme pour les enfants.
Une représentation et plusieurs temps d’échanges.
Avant la pièce, nous proposons un temps d’accueil pendant lequel le public est installé en douceur. À cette occasion, la violoncelliste offre une première ambiance musicale permettant à chacun d’apprivoiser l’instrument et sa qualité sonore. Les deux interprètes profitent de cet instant pour montrer les différents espaces aux enfants et à leurs accompagnateurs : la zone de jeu pour les trois artistes (matérialisée par le tapis de danse blanc) et la zone d’observation active pour les jeunes spectateurs qui ne sont pas tenus de rester totalement immobiles et silencieux. Le spectacle est vivant, les enfants aussi !
La représentation se termine par un temps inclusif et participatif durant lequel les enfants sont invités à partager l’espace scénique, à expérimenter quelques principes de jeu tirés du spectacle, et à découvrir de plus près le violoncelle.
L’univers sonore, le 3e personnage.
La musique est interprétée en direct par la violoncelliste Johanne Mathaly.
La main sur l’archet, elle guide le jeu des comédiens, rythme l’action et pose des paysages sonores variés.
Ses compositions originales emportent le public dans un univers à la fois doux, ludique et poétique. Le son propre au violoncelle apporte une dimension sensorielle supplémentaire au spectacle. Les personnages laissent leurs émotions et leurs questionnements affleurer par le biais du souffle, de bruits et d’onomatopées qui accompagnent le mouvement et rendent lisibles ce qui les traverse
NOTE D’INTENTION - Muriel Henry.
Depuis 2011, au sein du collectif 4e souffle je mène un travail d’écriture et de recherche au plateau, mue par le désir de créer des spectacles transversaux, humoristiques, mêlant les disciplines comme la danse, le théâtre et la musique.
Je suis attachée à la question d’accessibilité, et je m’emploie à développer des formes ayant différents degrés de lecture, différentes “portes d’entrée”, permettant de réunir lors des représentations des publics variés.
Avec “Pas touche la Mouche !” notre création 2019, je m’étais adressée aux enfants à partir de 2 ans, un public particulier, sensible et exigeant. Forte de cette expérience avec 140 représentations dans la France entière, j’ai eu envie, de pousser plus loin cette recherche et de proposer une forme adaptée aux enfants à partir de 18 mois.
Je souhaite proposer un objet artistique visuel et sonore où l’humour sera de nouveau au rendez-vous. Et comme dans toutes mes créations, je souhaite aborder la question du vivre ensemble et de la découverte en proposant la rencontre de deux personnages aux univers et aux caractères que rien, en apparence, ne dispose à s’entendre.
Utilisant le principe de l’imitation comme moteur de jeu, chaque personnage sera amené au cours de la pièce à comprendre l’autre, cet “étranger à soi”, avec son rythme propre, sa gestuelle et son mode expressif empreints du mystère de la différence. L’acrobate défiant les lois de la nature et de la gravité offrira une dimension extraordinaire, repoussant les limites. Il permettra d’accéder, comme le danseur selon Nietzsche, à la part divine (ou au super héros) qui sommeille en chacun d’entre nous. .
Tandis que le personnage du clown offrant la démesure, l’excès et la peur, la maladresse, traversé de grandes émotions qui le chahutent et s’emparent de son propre corps, nous offrira le ridicule qui est aussi au cœur de notre nature humaine.
La musique jouée au plateau au violoncelle amènera, elle, une dimension sensorielle supplémentaire poétique et ludique. Elle sera le "troisième personnage" de la pièce. Grâce à un dispositif scénique bi-frontal intimiste, je souhaite réduire la distance qui parfois se crée entre scène et salle quand les lumières s’éteignent.
Je souhaite de nouveau utiliser l’art clownesque (technique première qui traverse et sous-tend toutes mes créations et que je pratique avec passion depuis 30 ans) pour offrir aux jeunes spectateurs la possibilité d’exister, d’être considérés, dans le moment de la représentation, ses réactions venant nourrir le jeu des artistes et permettant une réécriture permanente de la pièce.
Avec “ Tout comme moi” , c’est de proximité et de partage dont j’ai envie, pour entraîner petits et grands dans un spectacle que j’espère riche en émotions et en rires.
MURIEL HENRY Clown, Metteuse en scène
Scénographie
L’espace scénique est bi-frontal.
Les spectateurs sont installés au sol (sur des coussins et sur des petits bancs) de part et d’autre de l’espace scénique.
L’aire de jeu est matérialisée par un tapis de danse blanc de 7 mètres de long sur 3 mètres de large.
La musicienne est installée à une des extrémités de l’espace scénique mais elle pourra, elle aussi, se déplacer à certains moments prenant part physiquement aux jeux entre les deux personnages.
Installés face à face, les spectateurs peuvent observer leurs réactions. Ils sont ainsi partie prenante du jeu de miroir entre les personnages.
La proximité qu’offre ce dispositif scénique brise la distance scène/salle et permet aux très jeunes spectateurs d’être au plus près des corps, d’observer avec précision les expressions. Ils sont immergés dans l’univers de la pièce.
Les seuls éléments de décor sur scène sont un cube blanc, sur lequel est installée la musicienne et un parallélépipède rectangulaire blanc. Il est déplaçable et permet aux deux personnages de créer différentes zones de jeu de jeu, d’inventer des univers, tantôt banc d’école, tantôt navire ou obstacle infranchissable, ses lignes sont simples et épurées comme la scénographie, laissant ainsi place à l’imaginaire.
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