"Entre archives, histoire et création BD, rendre compte de 130 ans d’enfermement au féminin au château de Cadillac" À partir de 1822, le château de Cadillac-sur-Garonne accueille la première prison pour femmes de France, qui atteindra des taux de mortalité effrayants et détiendra près de 10 000 femmes.
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Camille Lavaud Benito
Un silence et des règles implacables s’imposent au « château-prison » où prévaut une discipline de fer. Au tournant du XXème, celle-ci ferme pour devenir une « École de préservation de jeunes filles » – autrement dit, un bagne d’enfants. Des cellules, ou cages à poules, apparaissent alors dans les vastes pièces de l’ancien palais ducal. Les « mauvaises filles », souvent victimes de la toute-puissance masculine et paternelle, punies pour des « fautes » minimes – un avortement, un écart de conduite, la fréquentation des dits « mauvais garçons » avec lesquels elles vont au cinéma… – y endurent des conditions d’existence redoutables, faites de privations et d’humiliation. Ce n’est qu’à la suite du suicide de deux pupilles que s’achève, en 1952, la longue parenthèse pénitentiaire du « château-prison » de Cadillac. Comment ce monument national travaille-t-il aujourd’hui ces mémoires, que nous dit-il de ces sujets et comment créer à partir d’eux ? avec Camille Lavaud Benito, autrice-illustratrice BD dont le projet en cours explore la mémoire de plusieurs de ces femmes enfermées injustement pour des crimes minimes, et Anne Duprez, autrice guide-conférencière spécialiste de la période et de l’histoire du château. Une rencontre animée par Olivier du Payrat, administrateur du château de Cadillac.