Le collectif anticarcéral de L’Envolée propose de faire entendre la voix des prisonnier·es, pour mieux comprendre et combattre collectivement l'invention de ces nouveaux quartiers de haute sécurité.
Les 16 et 17 octobre contre le torture en prison / Journées de discussion contre les QLCO
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QLCO : DE LA TORTURE CARCÉRALE À LA FASCISATION GÉNÉRALE
Les 16 et 17 octobre 2026, le collectif anticarcéral de L’Envolée invite à un week-end de discussions contre les QLCO (quartiers de lutte contre la criminalité organisée) : de nouveaux quartiers de haute sécurité qui durcissent encore l'appareil répressif. L'Envolée et ses invité.es – ancien·nes prisonnier·es, proches, militant·es associatif·ves, avocats... – proposent de faire entendre la voix sans cesse réduite au silence des prisonnier·es, pour comprendre ensemble de quoi la prétendue « guerre au narcotrafic » est vraiment le nom, et pour imaginer ensemble les moyens de lutter contre les QLCO.
En avril 2025, le vote à la quasi-unanimité de la loi « Narcotrafic » s'est accompagné d'un méga battage médiatique autour de la prétendue « mexicanisation de la France », incarnée par l'image du grand méchant trafiquant. Encore une figure du monstre qui aggrave la stigmatisation raciste, l’enfermement massif des plus précaires et l’allongement de toutes les peines. Non seulement cette loi renforce l'extension tous azimuts des pouvoirs de la police, de la justice et de l’administration pénitentiaire, mais elle instaure un nouveau régime de détention : les quartiers de lutte contre la criminalité organisée.
Depuis l’ouverture du premier QLCO à Vendin-le-Vieil en juillet 2025, le ministre de la justice et ses complices se félicitent de la sévérité du traitement infligé aux enfermés. Torture de l’isolement poussée à l'extrême, déshumanisation des prisonniers et des proches, surveillants cagoulés en permanence : tel est le quotidien dans ces quartiers ouvertement destinés à faire souffrir le plus possible. Au QLCO de Condé-sur-Sarthe (ouvert en octobre 2025), les matons entonnent des chants racistes et brutalisent les prisonniers ; sur le mur d’une salle des gradés, on peut lire : « Si tu parles, c’est que tu respires ! », en référence à la suffocation provoquée par les techniques de « pliage ». Difficile d'imaginer que ça va mieux se passer au QLCO de Réau (ouvert en août 2026), et bientôt à Valence et Aix-Luynes...
Dès l’ouverture de Vendin et de Condé, les prisonniers et leurs proches ont cherché à faire entendre par tous les moyens qu’un cap avait été franchi en termes de torture carcérale. Malgré la rigueur du dispositif, les prisonniers se sont organisés collectivement pour faire sortir des communiqués, inonder les coursives et entamer ensemble des grèves de la faim. En mai dernier, les prisonniers de Condé ont mené un mouvement de blocage pendant plus de quinze jours, et leurs proches ont publié un texte pour dénoncer des humiliations systématiques. En juin, des prisonniers ont déposé une plainte groupée pour violences et harcèlement ; quelques jours plus tard, la Contrôleuse générale des lieux de privation de liberté (CGLPL) a publié un rapport accablant faisant état de « violences systémiques » au QLCO. C'est dans ce contexte que le tribunal de Caen a fini par rendre le 18 juillet une ordonnance intimant enfin au ministère de faire cesser certaines de ces pratiques déshumanisantes.
En fait, c'est le sort de tous les prisonnier·es qui dépend de ces bagarres contre les QLCO, car les pratiques mortifères de ces quartiers sont déjà en train de contaminer toutes les autres prisons. Tandis que dehors on parle de fascisation, les prisonniers des QLCO et leurs proches vivent déjà le fascisme. Se battre à leurs côtés, c’est lutter contre le glissement de toute la société.
Y a pas d'arrangement !
Programme :
vendredi 16 octobre 19h : présentation du livre Crever le silence, comité d'action des prisonniers, 1972-1980, de Marie Laigle et Jonahan Delisle.
En 1972, partout en France, des prisonniers montent sur les toits crier qu’ils refusent « d’être jusqu’à leur mort des numéros silencieux et soumis ». Ils s’organisent en comité d’action des prisonniers (CAP) et créent un journal dans lequel ils dénoncent les conditions de détention, les quartiers de haute sécurité, la peine de mort… Pendant plusieurs années, le journal rencontre une large audience dans et hors les murs. Crever le silence est une plongée dans ces lettres rageuses, récits de révoltes et débats enflammés : les « délinquants » y élaborent un point de vue rare qui remet en cause l’existence même de la prison et de la justice, faisant du CAP une aventure politique essentielle.
Samedi 17 octobre
Ouverture des portes à 13h
14h : Débat : Derrière la guerre aux narcotrafiquants, la guerre aux quartiers
16h : Débat : La bagarre contre les QLCO ( quartier de lutte contre la criminalité organisée)
19h : Repas de la cantine des pyrénées ( prix libre)
20h : Dans l'ombre, la lumière, spectacle de K. Miloudi et R. Goldman
22h-0h : DJ set: Manu Makak
Toute la journée du samedi : expos, tables d'infos, des collectifs invités, espace enfants et bar.
A la parole errante, 9 rue François Debergue, Montreuil (93100), métro croix de chavaux