ANDROMAQUE
Performance from December 9 to 17 at the Comédie de Genève. The Belgian collective La Brute revisits Racine’s Andromaque in a stripped-back staging.

Hubert Amiel
The story of Andromache is (too) well known, often reduced to a single sentence that never changes: Orestes loves Hermione, who loves Pyrrhus, who loves Andromache, who loves Hector—who is dead. Decades of academic tradition, elevating Jean Racine and Andromaque, one of his earliest tragedies, into monuments of classical beauty as cold and eternal as marble, have gradually erased the scandalous subversive force of this web of interlocking desires spiralling toward death, madness and mutual destruction.
In order to reveal this burning, rebellious power, Belgian collective La Brute embraces radical simplicity. In a staging bordering on austerity, stripped of spectacle and built around costumes evoking an uncertain time and aesthetic, the company presents Racine’s text in its entirety. Through this sparseness emerge the violence and beauty of a merciless text, rediscovered almost as if for the first time, confronting us with themes that Racine’s tragedy addresses head-on, yet which contemporary societies often soften or erase: death, passion, and the brutal tensions between individual desire and collective order.
What if rediscovering the radical modernity of one of the repertoire’s most celebrated plays required not adaptation, transposition or contemporary reinterpretation, but rather exposing it completely bare, with as few effects as possible?
ANDROMAQUE
Spectacle du 9 au 17 décembre à la Comédie de Genève. Le collectif belge La Brute revisite Andromaque de Racine dans une mise en scène épurée.

Hubert Amiel
Et si, pour redécouvrir la radicalité et la modernité de l'une des plus célèbres pièces du répertoire théâtral, il ne fallait pas l'adapter, la transposer, l'insérer dans une esthétique contemporaine, mais, au contraire, l'exposer à nu, avec le moins d'effets possibles ?
L'histoire d'Andromaque est (trop) bien connue, souvent résumée en une seule phrase, toujours la même : Oreste aime Hermione, qui aime Pyrrhus, qui aime Andromaque, qui aime Hector – qui est mort. Des décennies d'enseignement scolaire, de tradition érigeant Racine et, en particulier, Andromaque, l'une de ses premières tragédies, en totems d'une beauté classique aussi froide et éternelle que le marbre, ont contribué à effacer la scandaleuse force de subversion de ce nœud de désirs enchâssés, fuyant tout droit vers la mort, la folie et la destruction mutuelle.
Pour faire entendre cette puissance contestataire, brûlante, le collectif belge La Brute fait le pari du dépouillement. Dans une mise en scène qui confine à l'épure, sans effets spectaculaires, composant avec des costumes qui renvoient à une esthétique et à un temps incertains, il livre l'intégralité du texte de Racine. Dans ce dépouillement apparaissent la violence et la beauté d'un texte sans concession, redécouvert comme pour la première fois, qui nous questionne sur notre rapport aux sujets qu'aborde sans détour la tragédie de Racine, mais que nos sociétés contemporaines contribuent à édulcorer ou à oblitérer : la mort, la passion, les violents conflits entre l'individu et le groupe.