Des nuages brodés, et sous eux de longs fils d'argent : ainsi tombe la pluie chez Julie Dulcamara.
Ailleurs, des visages réduits à leurs contours laissent filer des pensées en fumée, des yeux clos pleurent en silence. Son monde se découvre par petites touches, intime et un quelque peu mystérieux.
Tout part de matières qu'elle chine, des lins, des cotons, parfois une simple taie d'oreiller, qu'elle recouvre ensuite de broderies. Julie aime explorer mille choses à la fois, la terre, les papiers, les matériaux qu'elle assemble. La nature revient toujours, les arbres surtout, les nuages, la pluie. Sa palette demeure sobre, noir, blanc, écru, traversée parfois d'un bleu profond.
Son univers reste feutré, une bulle où la douceur l'emporte même sous la pluie, dans une région pourtant gorgée de soleil. La broderie, patiente et minutieuse, a apaisé cette artiste qui bouillonne d'idées et se lève chaque matin l'esprit déjà parti vers une nouvelle pièce.
Le goût de créer lui vient de loin, d'un père peintre et d'une enfance entourée de toiles et d'expositions. Après les arts appliqués à Paris et des années dans la mode, elle se met à peindre pour elle vers la trentaine. Aujourd'hui, sa maison et son atelier se confondent dans un ancien hangar aux plafonds hauts, peuplé de ses œuvres et de ses trouvailles.
Discrète, Julie laisse surtout parler ce qu'elle crée, et invite chacun à entrer dans ce territoire délicat.