Événement se déroulant dans le cadre de la Journée internationale de la Francophonie
Chaque année, le 20 mars, la Journée internationale de la Francophonie rappelle au monde ce que la langue française porte en elle. Un désir de vivre ensemble, dans la diversité, par-delà les frontières et les continents. Des millions de personnes, sur plusieurs continents, partagent cet espace commun, un espace de dialogue, de culture, d'inclusion.
Il y a en effet quelque chose de profondément particulier dans le fait de s’exprimer, d'écrire en français. Ce n'est pas seulement communiquer, c'est exister. Se reconnaître dans des mots, appartenir à quelque chose de plus grand que soi, tout en affirmant une parole intime, singulière, nécessaire.
C'est cette puissance de la langue que l'association Handicapés et Fiers a choisi de placer au cœur de sa célébration, car la Journée internationale de la Francophonie n'est pas seulement une fête des mots. C'est un rappel que la langue a le pouvoir de changer les choses, de permettre à chaque voix de résonner, y compris celles qu'on entend peu, ou qu'on préfère ne pas entendre.
Le 19 mars 2026, à Douala, douze femmes et filles en situation de handicap se réuniront pour un atelier d'écriture animé par une jeune écrivaine camerounaise, Lorena Nolwen Lekeufack, Miss Littérature Afrique 2025. Ensemble, elles écriront, en français. Non pas pour produire de beaux textes, mais pour nommer ce qu'on leur a refusé, ce qu'elles ont cru ne pas mériter, ce à quoi elles savent désormais qu’elles ont droit.
Dans un monde qui leur demande encore trop souvent de se faire discrètes, de s'adapter, de se taire, écrire devient un acte. Un acte contre leur invisibilisation. Un acte de résistance.
S’il y a des silences qu'on choisit, il y en a d'autres qu'on apprend, qu'on intègre si profondément qu'on finit par les confondre avec soi-même. Des mots qu'on n'a jamais écrits, qu’on n’a jamais prononcés, et dont l'absence sert à ceux qui disent que rien ne manque, que tout va bien, qu'on en a déjà trop.
Les mots de ces femmes et filles, tissés ensemble, formeront le Manifeste des Plumes Indociles, un texte collectif, né d'une matinée d'écriture, porté par des voix qui refusent de disparaître dans le silence. Des voix qui choisissent d'être entendues. D'exister pleinement. De tenir leur place. Car au fond, c'est peut-être cela que la langue française offre.
Une manière de sortir de l'oubli.
De s'exprimer.
De tisser des liens.
De laisser une trace.
Écrire en français pour ne pas être oubliée
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