Decolonial studies ignore history and miss the mark : meeting with Jean-Pierre Olivier de Sardan
Thursday 29 October 2026. 12h 15. Free, upon registration. In French only

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Of course, European colonization of Africa was marked by massacres and continued under regimes of plunder and apartheid. Of course, after independence, France pursued neocolonial policies and proclaimed itself the “policeman of Africa.” Building on this widely acknowledged foundation, decolonial studies (whose leading theorists are Latin American) have developed a highly ideological narrative, according to which nothing has changed since colonization. Coloniality is said to still prevail throughout the world, reproducing the Eurocentrism of the 16th century (the Enlightenment). Most African regimes are said to still be puppets under the command of yesterday’s masters. This denies the agency of African peoples and elites, as well as their capacity for action (whether good or bad): democracy and decentralization were not imposed by the West (even if the West did play a role) but are primarily the product of internal dynamics (student uprisings, national conferences, Tuareg rebellions, national and local political strategies, etc.). Africa’s contemporary history is complex, contradictory, and multifaceted, and cannot be reduced to Western conspiracies. Finally, decolonial studies argue that African universities serve coloniality: this ignores the evolution of the sciences both globally and in Africa, as well as the importance of African social sciences today.
Speaker: Jean-Pierre Olivier de Sardan, Research Director Emeritus at the CNRS (France), Researcher at LASDEL (Niger)
Places are limited and booking is obligatory by email to biblio.meg@geneve.ch, specifying your name, first name, telephone number and the number of people accompanying you.
Les études décoloniales ignorent l'histoire et se trompent de cible : rencontre avec Jean-Pierre Olivier de Sardan
Jeudi 29 octobre 2026. 12h 15. Gratuit, sur inscription

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Bien évidemment la colonisation européenne de l'Afrique s'est faite avec des massacres et s'est poursuivie avec des régimes de pillage et d'apartheid. Bien évidemment, après les indépendances la France a mené des politiques néo-coloniales, et s'est autoproclamée gendarme de l'Afrique. Sur cette base largement reconnue, les études décoloniales (dont les principaux théoriciens sont latino-américains) développent un narratif très idéologique, selon lequel rien n'aurait changé depuis la colonisation. La colonialité régnerait encore partout dans le monde, en reproduisant l'eurocentrisme du 16ème siècle (les Lumières). La plupart des régimes africains seraient encore des marionnettes aux ordres des maîtres d'hier. C'est nier l'agentivité des peuples et des élites africaines, leurs capacités d'action (bonnes ou mauvaises) : la démocratie et la décentralisation n'ont pas été imposées par l'Occident (même si celui-ci s'en est mêlé) mais sont principalement le produit de dynamiques internes (révoltes étudiantes, conférences nationales, rébellions touaregs, stratégies politiques nationales et locales, etc..). L'histoire contemporaine de l'Afrique est complexe, contradictoire, multifactorielle et ne peut être réduite à des complots occidentaux. Enfin, les études décoloniales considèrent que les universités africaines sont au service de la colonialité : c'est ignorer l'évolution des sciences dans le monde comme en Afrique, et l'importance aujourd'hui des sciences sociales africaines.
Intervenant : Jean-Pierre Olivier de Sardan, Directeur de recherche émérite au CNRS (France), Chercheur au LASDEL (Niger)
Places limitées et réservation obligatoire par mail à biblio.meg@geneve.ch, en précisant votre nom, prénom, numéro de téléphone et le nombre de personnes qui vous accompagnent.