Philippe Lebhar - DIBBOUK
MarquĂ© par un drame intime dont nous nâaurons que les lointains Ă©chos, le chorĂ©graphe se souvient de sa judĂ©itĂ© et de ce quâil en a, plus ou moins consciemment, incorporĂ©.

©Patrick Berger
MarquĂ© par un drame intime dont nous nâaurons que les lointains Ă©chos, le chorĂ©graphe se souvient de sa judĂ©itĂ© et de ce quâil en a, plus ou moins consciemment, incorporĂ©. Il a recueilli des gestes religieux qui lui Ă©taient Ă©trangers, mais aussi, la mĂ©moire corporelle des danses traditionnelles pratiquĂ©es en famille. Au dĂ©part, il y a une forme, une masse, dans laquelle un corps est entremĂȘlĂ©. Monstre marin ou nageur extĂ©nuĂ© dans sa bouĂ©e, peut-ĂȘtre divinitĂ© silencieuse et impuissante, nous sommes saisis dâemblĂ©e par lâĂ©trange qui Ă©mane de cet objet chorĂ©graphique. Danseur chevronnĂ©, Philippe Lebhar sait faire voyager notre attention du dĂ©tail (une pierre, la tension du mollet) vers lâespace quâil dessine en dansant des rondes. VeillĂ© par une lumiĂšre lui rappelant celle qui traverse les vitraux de Chagall, chantre de la culture ashkĂ©naze du dĂ©but du XXe siĂšcle, et par le souvenir du tableau « Le PĂšre » du mĂȘme auteur, le danseur nous offre sa transformation progressive vers un personnage loufoque, facĂ©tieux et mystĂ©rieux : le Dibbouk.